Roger ALLOU

Matricule 45166
decede
Photographie de Roger ALLOU
Roger Allou. Photo ADIRP Camon, et ville de Camon. — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/07/allou-roger-leon-leopold/
Convoi 45000

Roger, Léon, Léopold, Allou naît le 6 juillet 1910 à Marcelcave (Somme – 80), fils de Léon Louis Allou, 25 ans, berger, et de Claire Marie Madeleine Opron, 22 ans, domiciliés au lieu-dit le Carrefour. Roger a un frère plus jeune, Robert, né en 1911 à Marcelcave.

En novembre 1911, ils habitent à Lamotte-en-Santerre (Lamotte-Warfusée en 1974). Ils s’y marient le 13 janvier 1912.

L’année suivante, ils sont à Bayonvillers (80).

Le 1er août 1914, son père, est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale et rejoint le 320e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Le 11 juin 1916, dans le sous-secteur des Carrières, bois de Vaux-Chapître, à Vaux-devant-Damloup, Louis Allou est « tué à l’ennemi » ; du 6 au 12 juin, l’essentiel des pertes du 320e RI est dû à des bombardements (89 tués, 271 blessés, 11 disparus). Déclaré “Mort pour la France”, Louis Allou sera décoré de la Médaille militaire à titre posthume le 6 décembre 1920.

Le 13 mars 1920 à Lamotte, Madeleine se remarie avec Joseph Zénobe Gambier, 31 ans, manouvrier. Ensemble, ils ont un fils, Jean Gambier, né en 1920. En 1921, la famille habite rue d’Amiens à Lamotte.

À une date et en un lieu restant à préciser, Roger Allou épouse Marie, Joséphine, Rabache. Ils ont deux enfants : Léone, née le 25 novembre 1933, et Jacques, né le 25 mars 1936, tous deux en un lieu restant à préciser.

Le 30 août 1937, Roger Allou entre à la Compagnie du Nord comme manœuvre à l’essai. En novembre suivant, il passe aide ouvrier. Début 1938, son entreprise fusionne avec d’autres au sein de la SNCF [1]. En août, Roger Allou y est affilié comme aide-ajusteur.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 21 bis, rue de Rivery ou au 80, rue du Tour-de-Ville (Paul-Vaillant-Couturier) [2] à Camon, agglomération d’Amiens (80).

Roger Allou est alors ouvrier ajusteur au dépôt SNCF d’Amiens, sur le réseau de la région Nord.

A l’été 1940, Camon est limitrophe de la ligne de démarcation de la “zone rouge” (ou “zone interdite”) de la région Nord instaurée par l’occupant et où l’on n’accède qu’avec un Ausweis .

Le 8 mai, Roger Allou est arrêté par la police allemande à la suite d’un double sabotage effectué dans la nuit du 30 avril au 1er mai ayant notamment immobilisé la grue de relevage (32 tonnes) du dépôt. Il est écroué à la Maison d’arrêt d’Amiens « à la disposition des autorités allemandes » et fait partie des treize cheminots du dépôt SNCF gardés en représailles. Dans une notice individuelle réalisée après coup, le commissaire central d’Amiens indique : « N’a jamais attiré sur lui l’attention (…) notamment du point de vue politique ».

Le 10 juin, ils sont dix cheminots du dépôt d’Amiens (dont neuf futurs “45000”) [3] à être transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).