Roger, Louis, Brisset naît le 24 septembre 1907 à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne – 77), fils d’Étienne Maurice Brisset, 27 ans, ouvrier maçon, et de Marie David, son épouse, 21 ans, domiciliés au 27, rue du Martinet. Il a – au moins – un frère, Eugène, né le 8 avril 1902 à Melun.
Le 23 juin 1915 à 14 heures, leur père est tué par un éclat d’obus au lieu-dit La Croix des Carmes à Bois-le-Prêtre (Meurthe-et-Moselle).
Le 22 juin 1922, Roger Brisset, âgé de 14 ans, est adopté par la Nation sur décision du tribunal civil de Melun (77).
En 1927, il effectue son service militaire au 168e R.A.F. à Bitche (Moselle).
Le 22 février 1930, Roger Brisset se marie avec Lucienne Marcelle Albertine Renard, née le 16 avril 1914 à Provins (77). Ils ont un fils, Gilbert Lucien, né le 20 septembre 1930 à Brie-Comte-Robert.
En 1936, la famille est domiciliée au 2 rue de la Poste, comprenant également Marcelline Renard, née Girault le 7 octobre 1877 à Triguères (Loiret), et Lucie Renard, née en 1899 à Fontenailles (Yonne), respectivement mère et sœur de Lucienne.
À la veille de la guerre, les deux frères vivent avec leur mère, au 22, rue des Martinets à Brie-Comte-Robert. Eugène est employé auxiliaire aux PTT (postes, télégraphes et téléphones). Roger est maçon, travaillant chez Édouard Bailly, à la fois entrepreneur et dirigeant de la cellule communiste de Brie-Comte-Robert.
Eugène et Roger Brisset sont militants communistes, quoique Eugène déclarera n’avoir été que sympathisant. Ils distribuent notamment les publications du PCF.
Après l’interdiction de celui-ci et sous l’occupation, ils restent actifs au sein de l’organisation devenue clandestine. Leur domicile est un lieu de réunions nocturnes où se retrouvent une dizaine de militants et qui précèdent de peu des distributions de tracts, ce qu’un voisin et une voisine proches signalent à la gendarmerie.
Le 2 septembre 1941, le commissaire spécial de police de Melun procède à une perquisition au domicile de la veuve Brisset, alors seule présente. La visite domiciliaire ne permet de trouver, dans un tiroir de la chambre de Roger, qu’un agenda de 1937 édité par le périodique La famille Nouvelle , une photographie d’avant-guerre avec un groupe de vendeurs de L’Humanité , neuf feuilles de papier carbonés à l’état neuf et une ayant servit à polycopier une convocation, « probablement antérieure au décret de dissolution ». Dans son rapport, le commissaire présente les frères Brisset comme des « révolutionnaires. À interner ». Le 15 septembre, dans une lettre adressée au préfet de Seine-et-Marne et ayant pour objet une proposition d’internement, le même policier argumente : « … l’état d’esprit à Brie-Comte-Robert [est] loin d’être excellent. Aucune sanction n’a jamais été prise contre les extrémistes de cette localité. Pour éviter que ceux-ci croient à une carence de l’Autorité et rassurer les bons éléments de la population, j’ai l’honneur de vous proposer l’internement administratif des trois individus désignés ci-après » : Édouard Bailly, Eugène et Roger Brisset.
Le 5 octobre, les trois hommes sont effectivement arrêtés, mais comme otages par les autorités allemandes en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte (incendie de meules de foins) ayant eu lieu dans le département. Du 19 au 21 septembre, plusieurs dizaines d’autres habitants de Seine-et-Marne seront arrêtés, dont 42 futurs “45000”.
Le 19 octobre, Eugène et Roger Brisset sont parmi les premiers internés de ce département au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Roger y est enregistré sous le matricule 1658 et Eugène sous le 1660. Tous deux sont alors assignés au bâtiment A3.