Serge MARTEAU

Matricule 45839
decede
Photographie de Serge MARTEAU
Lettre jetée sur le ballast par Serge Marteau le 6 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/marteau-serge-marceau/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Serge, Charles, Marceau, Marteau naît le 2 janvier 1913 à Monthou-sur-Cher (Loir-et-Cher – 41), dans la région des cépages de Touraine, fils d’Édouard Marteau et de Marie Chipault, son épouse.

À une date restant à préciser, Serge Marteau épouse Hélène Davause.

Il est cultivateur, puis éclusier à Thésée, commune voisine, habitant dans un des deux logements de fonction de la maison éclusière du barrage de Talufiau, à l’écart du village, en amont du Cher navigable. [1].

Un exemple de barrage à aiguilles avec écluse sur la rivière navigable, celui de Monthou-sur-Cher. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Gros plan sur les aiguilles en bois régularisant le débit de la rivière.

La maison éclusière du barrage de Talufiau en mars 2011, avec les quatre cheminées d’origine. © Mémoire Vive.

Après l’invasion allemande, le Cher matérialise la ligne de démarcation entre la zone Nord, occupée, et la zone Sud, dite “libre”. Certains barrages deviennent des points de passage clandestin d’une rive à l’autre.

Le 22 juin 1941, Serge Marteau est arrêté dans le cadre de l’ Aktion Theoderich [2]. D’abord détenu à Orléans, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ». À droite, la rivière Oise. En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.