Photo anthropométrique prise le 17 mars 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police, Paris.
Simone Yvonne Alfrede Fougère naît le 27 octobre 1913 à Saint-Sulpice-des-Landes (Loire-Inférieure / Loire-Atlantique) [1], fille de Jean-Marie Fougère et Agnès Marie Boisteau, commerçants. Elle va à l’école communale jusqu’au certificat d’études primaires.
Simone devient employée de bureau, et se marie avec un chauffeur de taxi, secrétaire du syndicat CGT des cochers-chauffeurs à Paris.
Dès le début de l’Occupation, le couple est engagé dans l’action clandestine.
Simone Loche est arrêtée le 6 mars 1942 par les policiers des brigades spéciales qui la prennent au restaurant où elle était serveuse et qui était un nid de résistants.
Les policiers ont trouvé l’adresse sur un camarade arrêté précédemment, qui a été fusillé.
Les policiers veulent que Simone leur dise où est son mari, qui combat dans la zone sud, et qu’elle ne livre pas, bien entendu.
Après quelques jours dans les locaux des Renseignements généraux, elle passe au dépôt jusqu’au 30 avril 1942, à la Santé, an secret, jusqu’au 24 août 1942, à Romainville jusqu’au départ.
Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne : leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » ( transférée à Compiègne le 22.1 ). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Mais Betty Jégouzo confirme ce départ en deux convois séparés, partis un jour après l’autre du Fort de Romainville. Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.
Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille. Comme les autres déportés, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).
En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit. Le lendemain matin, après avoir été descendues et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise .
Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II) par lequel sont passés les “31000” (accès depuis la rampe de la gare de marchandises et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…). © Gilbert Lazaroo, février 2005.