Yves Cariou naît le 8 septembre 1908 à Cherbourg (Manche), fils d’Yves, Marie, Cariou et de Françoise Calvez (tous deux seront décédés lors de son mariage).
Lors de sa détention au camp d’Aincourt, il sera déclaré comme tripier. À une date restant à préciser, quatre doigts de sa main gauche sont sectionnés à la suite d’un accident de travail ; il est pensionné à 30 %. C’est peut-être alors qu’il devient employé de bureau.
Pendant un temps, Yves Cariou habite au 163 avenue Victor Hugo à Aubervilliers (Seine / Seine-Saint-Denis – 93).
Le 22 avril 1933 à Aubervilliers, il se marie avec Marcelle Barthelmé, 23 ans, née le 18 janvier 1910 dans cette commune, elle aussi employée de bureau, habitant alors chez ses parents au 10, rue des Gardinoux à Aubervilliers. En 1936, le couple résidera à cette adresse avec la mère de Marcelle, Marguerite, alors veuve (née en 1873) ; son mari Alfred étant décédé à leur domicile le 7 novembre 1935, âgé de 67 ans. Cette année-là ou peu après, le couple aura une fille.
En 1936, Yves Cariou travaille pour la société A. Porka, à Paris (?).
Yves Cariou est militant syndicaliste.
Son handicap le faisant réformer, il n’est pas mobilisé au cours de la “drôle de guerre”. Il est employé au Touring Club de France, au 65, avenue de la Grande-Armée à Paris, puis aux Établissements R. Charles, au 67, rue Solférino à Aubervilliers.Au moment de son arrestation, la famille est domicilié au 20, rue Gutemberg au Blanc-Mesnil [1] (93). Yves Cariou héberge toujours la mère de son épouse, « âgée de 68 ans, qui est sans ressource ».
Yves Cariou est actif dans le Parti communiste clandestin.
Le 28 octobre 1940, le commissaire de la circonscription d’Aulnay-sous-Bois signe une « notice individuelle à établir au moment de l’arrestation » concernant Yves Cariou. Au chapitre « Moralité et réputation », le fonctionnaire de police écrit : « A été signalé comme distributeur de tracts et fréquente les réunions clandestines tenues chez le nommé W., 58 rue Eugène-Varlin, à Blanc-Mesnil ».
Le 30 octobre, le nom d’Yves Cariou figure sur une liste de douze « individus proposés pour être dirigé sur le centre de séjour surveillé d’Aincourt » – sur laquelle est également inscrit Robert Moura, de Garges-les-Gonesse – établie par la préfecture de Seine-et-Oise.
Le 31 octobre, le préfet signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.
Bien que son arrestation ait eu lieu dans le cadre d’une “opération judiciaire” – Yves Cariou est « inculpé de menées communistes à la suite d’une enquête effectuée par la 1ère Brigade mobile » -, il est laissé “en liberté” par le Parquet.