Yvonne GALLOIS

Matricule 31849
survivant
Photographie de Yvonne GALLOIS
TransportAquarelle
Convoi 31000

Yvonne, Renée, Lucie, Gallois naît le 25 avril 1921 à Sorel-Moussel [1], petit village sur les bords de l’Eure, 13 km au Nord de Dreux (Eure-et-Loir), fille de Raphaël Gallois, 24 ans, alors ouvrier de scierie à Ézy(-sur-Eure), journalier agricole (qui habitera au 2 rue Marquis, à Dreux) et de Germaine Mabilotte, son épouse, 18 ans, alors journalière, domiciliés au lieu dit la Boissière, avec ou auprès de la famille de Joseph et Augustine Mabilotte. Yvonne est l’aînée. En 1923, naissent ses deux frères jumeaux, Roland et Roger. En 1926, leur père est bûcheron. En 1927, naît leur frère Bernard. En 1931, leur père est ouvrier dans une papeterie.

Yvonne va à l’école communale à Sorel-Moussel, puis à Muzy, limitrophe de Dreux, au nord-ouest, où la famille déménage ensuite. Yvonne y passe son certificat d’études, puis commence à gagner sa vie.

Lors du recensement de population de 1936, la mère d’Yvonne est enregistrée sous son nom de jeune fille comme femme de service à la clinique Laennec (sanatorium) de Dreux. Si elle y loge, s’agit-il d’une séparation ?

En 1942, Yvonne Gallois est cuisinière à Paris, dans le 20e arrondissement ; une place où elle n’est pas logée, où la nourriture est si chiche que sa mère lui envoie du ravitaillement. Elle habite au 335, rue des Pyrénées.

Au cours de cette année, elle se met en ménage avec Marc, Marcel Lainé, 17 ans (né le 25 janvier 1925 à Garnay, 28), venu de Dreux en juillet et, en dernier lieu, ajusteur chez Schneider Hispano à Houilles (Seine-et-Oise / Yvelines). Très rapidement, le jeune homme adhère au Parti communiste clandestin, puis intègre un groupe de combat des francs-tireurs et partisans (FTP).

Marc Lainé se voit d’abord confier pour mission le repérage de lieux où des actions armées sont envisagées contre des Allemands ou d’ex-membres du Parti communiste considérés comme des traîtres. Le 1er août 1942, il est simple surveillant lors de la manifestation de ménagères organisée rue Daguerre (Paris 14e) pour protester contre la vie chère et les difficultés d’approvisionnement. Le 27 août, il est de nouveau en surveillance à la sortie des usines Citroën, place Balard (Paris 15e), lors d’une tentative de distribution de tracts avec prise de parole ; inconnu, il échappe à l’arrestation.

Comme Marc Lainé donne satisfaction à l’organisation, il quitte son emploi début septembre, devient permanent sous le pseudonyme d’« Hervieux », rémunéré mensuellement deux mille francs. Le 2 septembre, il jette une grenade défensive à l’intérieur du bureau de placement pour le travail en Allemagne du 8 rue de la Procession (Paris 10e). Le 4 septembre, il assure une mission de protection lors d’une distribution de tracts à la sortie des usines Gnome et Rhône boulevard Kellermann (Paris 13e), y prenant brièvement la parole.

Marc Lainé fait ensuite équipe avec Gaston Père pour l’exécution d’un contremaître de la SNCF chargé de la protection des voies, considéré comme un traître, d’autres devant cette fois-ci assurer la protection. Le 12 septembre 1942 vers 6 h 50 du matin, Joseph Bertho quitte son domicile rue Tolbiac. À la hauteur du no 11, quand un coup de feu claque, qui le manque, l’homme se couche à terre. Le coup suivant ne part pas, l’arme s’étant enrayée : le groupe prend la fuite. Un employé d’octroi ayant assisté à la scène s’élance à bicyclette et parvient à rattraper Gaston Père. Mais Marc Lainé, qui assure la protection, tire deux coups de feu en direction du “cycliste”, le touchant à la colonne vertébrale. Celui-ci mourra à l’hôpital de la Salpêtrière le 5 octobre.

Puis leur groupe reçoit pour mission de “récolter des fonds”. Le 15 septembre, à 11 h 30, avenue Jean-Jaurès à La Courneuve (Seine / Seine-Saint-Denis), devant l’usine de la Grande Biscuiterie parisienne, ils interceptent un encaisseur de la société Matra dont la sacoche contient six cent mille francs. Afin de le neutraliser, Marc Lainé lui tire dessus, le blessant à la cuisse droite. Un gardien de la paix se lance à la poursuite de Marc Lainé et Gaston Père, qui se réfugient d’abord dans un débit de boissons au 255 avenue Jean-Jaurès à Aubervilliers (92) d’où ils tirent sur leur poursuivant, le blessant légèrement au bras droit. Profitant de ce répit, ils fuient par la cour de l’établissement, escaladent deux murs et se réfugient au dernier étage d’un immeuble voisin, au 251 de la même avenue. Mais le policier blessé a réussi à alerter des gardiens de la paix motocyclistes qui parviennent à capturer les deux hommes, pourtant armés chacun d’un pistolet automatique. La sacoche dérobée est retrouvée dans les WC du débit de boissons.

D’abord conduits au poste de police de la circonscription d’Aubervilliers, puis interrogés sans ménagement – l’un d’eux ayant tiré sur un policier – dans les locaux de la brigade spéciale anticommuniste (BS 2) des renseignements généraux de la préfecture de police, les deux hommes admettent leur participation à plusieurs actions armées.

Yvonne Gallois est arrêtée chez elle par des inspecteurs de la préfecture de police.

Le 17 septembre, lors des interrogatoires, elle et Marc Lainé sont détenus dans la salle 340 de la BS 2 (Gaston Père est dans la 346 et Jean Bonnet dans la 343). Marc Lainé est inculpé d’assassinat et de tentative…