Irina KARCHEWSKA

Née Byczeck
Matricule 31698
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Irina KARCHEWSKA
Crédit non indiqué par la source

Irina Byczeck naît le 6 décembre 1899 à Gzichow, en Pologne. Avec son mari, elle quitte son pays et s’installe en France vers 1924 ou 1925. Le couple vit à Paris et tient au 20, rue Charlemagne, dans le quatrième arrondissement, un commerce mêlant restaurant et épicerie de spécialités polonaises, lieu familier pour la communauté immigrée.

Pendant l’Occupation, les époux Karchewski mettent leur domicile et leur commerce au service de compatriotes menacés. Ils cachent des Polonais qui cherchent à gagner Londres pour poursuivre le combat. Cette aide clandestine, décrite par la notice sans rattachement précis à un réseau, suffit à les exposer. Une dénonciation livre finalement leur activité à la Gestapo.

Le 15 juillet 1942, Irina et son mari sont arrêtés chez eux. Elle passe par la prison de la Santé puis par Fresnes. Le 30 septembre, elle est conduite au fort de Romainville. La photographie reproduite ici est réalisée durant cet internement : elle porte la réglette du camp et rend identifiable une femme dont les archives restent autrement très lacunaires.

En janvier 1943, Irina est transférée à Royallieu avec les autres femmes otages. Elle est déportée de Compiègne le 24 janvier dans le convoi des 230 femmes dites « 31000 ». Après deux jours de transport, elles atteignent Auschwitz et entrent à Birkenau le 27 janvier, au terme d’une marche effectuée depuis la gare.

Irina est enregistrée sous le matricule 31698, tatoué sur l’avant-bras gauche. Ses compagnes se souviennent qu’elle boite. À la quarantaine succèdent l’entassement du Block 26 et les kommandos. Les conditions de vie, l’insalubrité et la sous-alimentation accélèrent l’épuisement des déportées dès les premières semaines.

Les sources divergent sur la date exacte de sa mort. Des témoignages la situent au 30 avril 1943 et évoquent la dysenterie ; le registre des décès d’Auschwitz donne le 16 mars. Faute d’élément permettant de résoudre cette contradiction, les deux indications doivent être conservées comme telles. Toutes deux attestent une mort rapide après l’arrivée.

Son mari est lui aussi déporté, mais il survit et rentre en France ; il meurt en 1962 ou 1963. L’histoire d’Irina Karchewska tient en peu de documents, mais son acte essentiel est connu : ouvrir un refuge et une voie vers Londres à des Polonais poursuivis. Cette solidarité entraîne son arrestation et sa disparition à Auschwitz.