Isidore Thiais naît le 16 mai 1889 à Paris 1er – au 95 rue Saint-Honoré, peut-être chez une sage-femme -, fils d’Amélie Thiais, 30 ans, native de Bourges (Cher – 18), domestique, domiciliée au 60, rue de Turbigo, et de « père non dénommé ».
Pendant un temps, sa mère habite au 86 bis avenue de Wagram à Paris 17e.
Le 27 mai 1908, le tribunal correctionnel de la Seine condamne Isidore Thiais à six jours de prison et 16 francs d’amende pour outrages à agents.
Le 8 juillet 1909, à la mairie de Bourges, il s’engage volontairement pour trois ans comme soldat de 2e classe au 6e régiment de chasseurs. Du 11 juillet suivant au 20 mai 1911, il est affecté en Algérie, puis dans les confins algérois-marocains jusqu’au 17 juin suivant. Il reçoit la médaille commémorative du Maroc avec agrafe “Maroc”.
Entretemps, le 29 octobre 1910, à Bourges, sa mère, domiciliée 43 rue Bourbonnoux à Bourges, âgée de 51 ans, a épousé Marie Adrien Berthé, 50 ans, veuf, tourneur sur métaux, en présence de ses frères, Maurice Thiais, 47 ans, sellier, et Charles Sellier, 44 ans, mouleur, tous deux domiciliés à Bourges.
Dès le 2 août 1914, Isidore Thiais est « aux armées », mais d’abord dans son unité en Algérie. Le 3 août 1915, il passe au 7e régiment de marche de chasseurs d’Afrique. Le 31 mars 1917, il est aux armées en France. Le 17 mai 1918, il est blessé à la jambe droite par un coup de pied de cheval et évacué vers une ambulance. Le 30 mai, il est admis à l’hôpital auxiliaire 104 à Marseille. Le 5 juin, il est transféré à l’hôpital complémentaire 22 de Grasse. Le 19 juillet, il part en convalescence pour vingt jours, revenant aux armées le 15 août. Le 2 janvier 1919, il est cité à l’ordre de son régiment : « Très bon soldat au front depuis le début a fait partie de nombreuses reconnaissances où il s’est distingué par sa belle attitude et son sang froid ». Il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze. Le 26 juillet 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire chez sa mère et son beau-père au 60 bis rue de Mazières à Bourges. En 1921, il est manœuvre dans la manutention.
En 1931, il y vit seul avec sa mère (probablement veuve) au 60 bis. Il est manœuvre chez A.B.S (?).
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Isidore Thiais est domicilié au 26, rue de Mazières à Bourges.
Le 22 juin 1941 [1], lors de la grande rafle des communistes du Cher, il est arrêté et bientôt interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.