Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Jacob Kirzner naît le 22 mai 1897 (ou 1899) à Zebludowa (Pologne).
À une date restant à préciser, il se marie avec Krejla ou Keyla Ruddt ou Rudzy, née le 7 juillet 1899 à Gródeck (Galicie orientale, alors dans l’empire d’Autriche-Hongrie). Ils ont sept enfants : d’abord Elka (Eliane), née le 26 décembre 1923, et Sarah, née le 26 février 1925, toutes deux à Grodeck. Puis la famille arrive en France : Eva, naît le 23 avril 1931 à Caen, comme Maurice, né le 19 juillet 1936, Odette, née le 23 août 1937, et les jumelles Annie et Lydia/Lucie, nées le 3 mars 1938.
En 1936, et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 23, place Saint-Sauveur à Caen (Calvados). Jacob Kirzner et son épouse sont commerçants. En 1936, ils ont encore la nationalité polonaise ; cette-année-là, ils hébergent une domestique polonaise.
Le 27 février 1942, les noms de Jacob et Keijla Kirzner figurent sur une liste de 34 Juifs domiciliés dans la région du Calvados et de la Manche transmise par le SS-Hauptsturmführer Müller au SS-Obersturmführer Dannecker , à Paris. La note accompagnant cette liste précise qu’il est prévu d’arrêter 100 hommes juifs âgés entre 18 et 65 ans aux alentours de Caen afin de les interner, sans que la la date d’arrestation ni le camp d’internement ne soient mentionnés.
Début mai 1942, Jacob Kirzner est arrêté comme otage juif à la suite du déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan) [1]. Le 4 ou le 9 mai au soir, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandises de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Jacob Kirzner est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. Cliché Mémoire Vive 2011.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Jacob Kirzner est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46288, selon les listes reconstituées, les cinquante otages déportés comme Juifs ayant reçu les matricules de 46267 à 46316 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).
