Jacqueline QUATREMAIRE

Matricule 31641
decede
Portrait documenté de Jacqueline QUATREMAIRE
Crédit non indiqué par la source
Convoi 31000

Jacqueline Quatremaire naît le 17 octobre 1918 à Igé (Orne), fille unique d’Henri Quatremaire, 21 ans, peintre en bâtiment, et de Germaine Bruhce, qui se marieront en février 1924. “Jacquy” va à l’école à Igé jusqu’au brevet élémentaire

En 1934, ses parents s’installent dans la région parisienne.

Henri Quatremaire adhère à la CGTU en juin 1935 et au Parti communiste en septembre. En 1937, il devient secrétaire de la section communiste de Noisy-le-Sec [1] (Seine-Saint-Denis) et l’année suivante membre du comité régional, comme responsable de la commission des cadres de la jeunesse (confondant avec les mandats exercés après la Libération, Charlotte Delbo, écrit qu’il est élu maire de Noisy-le-Sec en 1936).

Une militante syndicale et de l’UJFF

En 1936, Jacqueline Quatremaire est sténodactylo au Syndicat des produits pharmaceutiques, à la Bourse du travail à Paris. Elle y travaille jusqu’à la dissolution des syndicats, en 1939.

À partir de 1937, elle a aussi une activité politique : elle dirige le foyer de l’Union des jeunes filles de France à Noisy-le-Sec.

Mobilisé le 27 août 1939 comme sergent, démobilisé le 19 août 1940 dans le Lot-et-Garonne, son père revient à Noisy. Mais, trop connu, il lui est difficile de reprendre son activité militante clandestine. Le 24 juin 1941, quand la police vient l’arrêter, il se cache et, avec sa femme Germaine, se met au service du PC. À partir de février 1942, il est permanent clandestin. On lui demande de reconstituer la section touchée par la dissidence de Gitton et de faire des liaisons entre la zone occupée et la zone libre.

Le 20 avril 1942, il est arrêté à Vierzon (Cher), près de la ligne de démarcation, puis interné au camp de Saint-Sulpice-la Pointe. Il s’en évade le 11 juillet 1943 et revient à Paris le 17. Ensuite, il participe à la Résistance en zone nord notamment comme « responsable des camps (aide aux évasions) »…

La Résistance

Restée seule à Paris, Jacqueline s’engage au Front national [2] et entre en clandestinité.

Vivre dans la clandestinité, pour des jeunes filles de vingt ans, c’est se trouver seules dans un petit logement à peine meublé, passer leurs soirées dans une solitude totale, ne voyant personne, ne parlant à personne, n’ayant pour tout échange que des conversations de travail avec ceux qu’elles rencontrent pour quelques minutes, le temps de se passer les papiers, les consignes.

C’est vivre avec peu d’argent, être mal ravitaillés… les heures d’attente angoissée, les rendez-vous auxquels le camarade ne vient pas : a-t-il été arrêté ?