Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Jacques (Charles ?) Jung naît le 23 juillet 1898 à Brumath (Bas-Rhin), en Alsace annexée au Reich allemand, fils de Joseph Jung, journalier, et Joséphine Zissel.
Le 23 avril 1917, il est mobilisé au sein de l’armée allemande – qui incorpore les jeunes gens dès l’âge de 18 ans – au 19e régiment du Génie (jusqu’au 17 novembre 1918).
Le 6 avril 1920 à Moyeuvre-Grande (Moselle), il se marie avec Marguerite Matzel, née le 2 décembre 1899 dans cette commune. Ils ont neuf enfants : Mathias, âgé de 21 ans en septembre 1941, Charles (19 ans), Marie (18 ans), Fernand (16 ans), Georgette (14 ans), Jacqueline (11 ans), René (10 ans), Marguerite (7 ans), et Raymond (11 ans).
À Brumath, Charles Jung est inscrit au carnet “B”.
En avril 1930, la famille emménage à Homécourt (Meurthe-et-Moselle – 54).
Au moment de son arrestation, Charles Jung est domicilié au 13, rue Pierre-Sépulchre à Homécourt. Cinq enfants sont encore à la charge du couple lors de l’arrestation du chef de famille.
Charles Jung est ouvrier-ferblantier aux Forges et Aciéries de la Marine à Homécourt. Il est adhérent au Syndicat des Métaux.
L’usine Sidelor d’Homécourt après-guerre. Carte postale colorisée sur papier photographique. Collection Mémoire Vive.
Sous l’occupation, sa maitrise de l’allemand le conduit à participer à la rédaction de tracts destinés aux soldats de l’armée d’occupation.
Au printemps 1941, dans un rapport adressé au gouvernement de Vichy, le préfet Jean Schmidt signale la recrudescence récente de la propagande imprimée clandestine en Meurthe-et-Moselle, l’accompagnant d’une liste des arrêtés d’internement administratif d’une durée de quinze jours qu’il a signé à l’encontre d’ex-militants communistes : 28 pour l’arrondissement de Nancy, 7 pour l’arrondissement de Lunéville, 6 pour l’arrondissement de Briey. Dans ce dernier secteur, l’arrêté concernant Jacques Jung a été pris le 3 mars, et celui-ci a été conduit à la Maison d’arrêt de Briey dès le lendemain.
Le 24 juin 1941, Charles/Jacques est arrêté par la « police allemande » ( Feldgendarmerie ?) sur son lieu de travail dans le cadre de l’ Aktion Theoderich [1]. D’abord conduit au quartier allemand de la Maison d’arrêt de Briey, il est transféré le 18 juillet à la prison Charles III de Nancy, puis interné deux jours plus tard au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).