Jean André Émile Marie Coltey naît le 7 février 1906 à Auxon-les-Vesoul (Haute-Saône – 70), chez ses parents, François Coltey, 35 ans, garde particulier, et Marie-Juliette Rapin, 36 ans, couturière, son épouse, domiciliés à Saramboz (château). Jean a – au moins – deux sœurs aînées : Gabrielle, née en 1898 à Noroy-le-Bourg (70), et Marie, née en 1903 à Neuvelle-lès-La-Charité (70).
En juin 1909, le père emmène sa famille à Breuches (70), où il devient gardien de la filature de coton Bezançon. En 1911, ils habitent… rue de la Filature.
François Coltey, âgé de 44 ans et qui a effectué son service militaire au 42e régiment d’infanterie de septembre 1892 à septembre 1894, est rappelé à l’activité par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914 et rejoint le 47e régiment d’artillerie, aux services accessoires. Le 29 février 1916, il est nommé gendarme auxiliaire à la 8e légion de gendarmerie. Le 16 février 1919, il est renvoyé dans ses foyers.
Le 29 avril 1933, à Saponcourt (70), Jean Coltey se marie avec Edmée Henry, née le 29 octobre 1902 dans ce village. Ils ont – au moins – deux filles, nées à Langres : Arlette, en 1934, et Nadine en 1935.
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Jean Coltey est domicilié avec sa famille au 11, place de l’Hôtel de Ville à Langres (Haute-Marne – 52).
Jean Coltey est typographe à La Haute-Marne Nouvelle .
Le 22 juin 1941, il est arrêté, parmi une soixantaine de militants communistes et syndicalistes interpellés en quelques jours dans la Haute-Marne [1] (dont 15 futurs “45000”). D’abord détenu à la prison de Chaumont, il est transféré (le 27 juin ?) au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Jean Coltey est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45389 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).
Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ». « Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre » Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha.