Jean CORTICCHIATO

Matricule 45400
survivant
Photographie de Jean CORTICCHIATO
Jean Antoine Corticchiato © Photo de famille — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/10/corticchiato-jean-antoine/
Convoi 45000

Collection familiale. Droits réservés.

Jean-Antoine Corticchiato naît le 20 mai 1909 à Ajaccio (Corse), fils de Joseph-Antoine, Corticchiato, 34 ans, cordonnier puis marin, et d’Annonciade ou Nonciade Ricci, 29 ans, domiciliés au 29, rue Fesch. Ses parents se marient le 11 février 1911. Jean-Antoine a, entre autres, un frère, Jean-Jérôme.

Sachant lire et écrite, Jean-Antoine possède une formation d’électricien. Il restera célibataire.

Pendant un temps, il habite chez sa mère et travaille à la Société Corse d’Industries Réunies (SCIR), créée en août 1921 et dont le siège social est situé sur la route des Sanguinaires.

Le 24 mars 1930, vers minuit, il est interpellé devant son domicile par une patrouille de police alors qu’il rentre bruyamment, raccompagné par quelque amis. Le lendemain, il est condamné à 20 jours de prison avec sursis pour ivresse manifeste, voies de faits, menaces et outrage à agents dans l’exercice de leurs fonctions.

En 1938, il habite au 13, rue Victor-Massé, dans le 9e arrondissement de Paris. Le 12 février, Jean-Antoine Corticchiato, dit alors “Napoléon”, est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (13e division), Paris 14e, inculpé de possession de substances vénéneuses (héroïne et cocaïne) et de port d’arme prohibée (deux mois avec sursis). Il est détenu sept ou huit mois, pour trafic de stupéfiants.

Le 26 janvier 1940, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif au motif qu’il est un individu dangereux pour la sécurité publique. En mars, il est assigné au camp du Fort de Vaujours, considéré comme « incorporé » et passant sous le contrôle de l’autorité militaire, attendant d’être dirigé sur une « formation spéciale ».

Le 12 septembre suivant, il s’évade du centre de séjour surveillé de Mons (Puy-de-Dôme) avec un autre détenu. Dès le lendemain, la police d’Ajaccio reçoit un avis de recherche.

Le 19 novembre, Jean-Antoine Corticchiato comparaît – seul – devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine pour infraction à l’article 4 du décret du 18 novembre 1939, réprimant l’évasion depuis un centre de séjour surveillé. Le tribunal le condamne à quatre mois d’emprisonnement. Son dernier domicile connu est le 27, rue de Douai, une voie parallèle au boulevard de Clichy, à Paris 9e.

Selon le journaliste spécialisé Christian Chatillon, Jean-Antoine Corticchiato est arrêté le 12 février 1942 pour port d’arme lors d’une “descente” de la Brigade mondaine dans un bar proche de la place Pigalle, chez “Fanfan”. Le 2 avril, il est écroué au dépôt. Il se déclare alors comme « barman ».

Le 5 mai suivant, il fait partie des 14 internés administratifs de la police judiciaire (dont au moins onze futurs “45000”) qui sont conduits avec 37 communistes à la gare du Nord, « à la disposition des autorités allemandes et dirigés sur Compiègne par le train de 5h50 » pour être internés au camp de Royallieu (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean-Antoine Corticchiato est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler). Jean-Antoine Corticchiato fait partie des quelques hommes du convoi déportés comme “associaux”.