Jean CREIGNOU

Matricule 46229
decede
Portrait de Jean CREIGNOU
Jean Creignou Photo © Valère Creignou. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean, François, Henri, Creignou naît le 13 juillet 1908 à Grosley-sur-Risle (Eure – 27), fils de François Creignou, 25 ans, marchand de quatre saisons puis ouvrier briquetier, et d’Angèle Collandière, son épouse, 23 ans, demeurant au hameau de la Rivière ou du Moulin de l’Orme, chez Aimé Delaporte « beau-père de la mère de l’enfant ». Jean aura deux frères : Louis, François, né le 8 décembre 1909 à Grosley, et Valère, né le 13 juin 1912 à Bernay (27). Lors du recensement de 1911, Jean vit toujours avec sa famille de Grosley, alors que ses parents et son frère sont domiciliés rue Lobrot, à Bernay.

Le 12 août 1914, au début de la Première guerre mondiale, son père – de la classe 1901 et du bureau de recrutement de Bernay – est rappelé et mobilisé comme soldat de 2e classe au 24e régiment d’infanterie. Le 23 décembre suivant, il est porté disparu, « tué à l’ennemi », à Loivre (Marne), situé sur le canal de l’Aisne à la Marne, à l’Est du massif de Saint-Thierry. Leur père étant « Mort pour la France », Jean Creignou et ses frères sont « adoptés par la Nation » (pupilles) le 3 octobre 1919, par jugement du tribunal civil de Rouen.

Le 4 mai 1931, à Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76), Jean Creignou se marie avec Christiane Chavoutier, née le 5 mars 1908 à Mont-Saint-Aignan (76). Ils auront un fils, Christian, né le 18 août 1935 à Rouen, mais leur mariage sera dissous par un jugement de divorce rendu le 21 février 1940.

Au début des années 1930, alors qu’il est ouvrier du bois, Jean Creignou milite comme syndicaliste à la Fédération CGTU du Bois de Seine-Inférieure.

Plus tard, il est employé par la Compagnie du Gaz dans le quartier Saint-Sever, à Rouen. Il devient secrétaire du syndicat du Gaz de Rouen et des environs. Après la fusion syndicale 1936, il est désigné comme secrétaire de l’Union locale CGT de Rouen.

Également membre du Parti communiste, Jean Creignou est candidat du PC aux élections au conseil d’arrondissement dans le 4e canton de Rouen et aux cantonales de 1937. Il est possible qu’il habite alors au 16 ou au 21, rue des Tilleuls, à Rouen.

À Rouen, Jean Creignou dirige le Groupe d’Études du cinéma soviétique, qui projette des films auxquels l’adhésion aux Amis de l’Union soviétique donne accès.

Son frère Valère, ayant adhéré aux Jeunesses communistes en 1927, devient secrétaire fédéral du Parti communiste de Seine-Inférieure, prenant la parole dans les assemblées, congrès et meetings sous le pseudonyme de « Jacques Lepetit ».

Le 31 août 1939, « Creignou sous le pseudonyme de J. Le Petit » est empêché de prendre la parole au nom du PCF à Amfreville-la-Mivoie, le maire ayant pris un arrêté d’interdiction de cette réunion, transmis au “chef de cellule”.

Au cours de la drôle de guerre, Jean Creignou est affecté au camp disciplinaire de Bellevue à Meuvaines (Calvados), ouvert par l’autorité militaire début mars 1940 et où sont internés quarante-cinq militants syndicaux et politiques, dont André Pican. Jean Creignou s’en évade au moment de la capitulation (circonstances à préciser…).

Le camp de Bellevue à Meuvaines, qui servit un temps au rassemblement des étrangers. Carte postale, collection Mémoire Vive.