Jean LANNOY

Matricule 45726
decede
Photo non trouvée pour Jean LANNOY
Image de remplacement. Photographie de Jean LANNOY non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean, Honoré, Désiré, Lannoy naît le 5 juin 1892 à Paris 12e arrondissement, au 159 rue de Charenton, fils de Désiré Lannoy, 27 ans, serrurier, et de Marie Leyes, son épouse, 20 ans, pelletière, domiciliés au 27, rue Louis-Braille.

Entre temps il est également poursuivit par la justice civile… Le 31 décembre 1914, le tribunal de Cherbourg (Manche) le condamne à six mois d’emprisonnement pour vol. Le 7 octobre 1918, le tribunal correctionnel de Briey (Meurthe-et-Moselle – 54) le condamne à huit jours d’emprisonnement pour vol. Le 30 novembre 1918 (?), le tribunal correctionnel de Nancy (54) le condamne par défaut à quinze jours de prison pour vol (le “corps” est avisé). Le 1er mars 1922, la 13e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne par défaut à six mois d’emprisonnement pour abus de confiance.

Le 30 septembre 1922, Jean Lannoy est démobilisé et trouve domicile au 89, rue Rochechouart, à Paris 19e ; sans surprise, le certificat de bonne conduite lui est refusé.

Il est célibataire. Il se déclare comme chiffonnier.

Le 13 mai 1925, le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) le condamne à six mois d’emprisonnement pour vol. Le 24 juin suivant, la 13e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne, par jugement contradictoire, à quatre mois d’emprisonnement pour abus de confiance. Le 15 novembre 1926, la cour d’appel de Paris le condamne à huit mois d’emprisonnement et cinq ans d’interdiction de séjour suite à un jugement du tribunal de Meaux le 6 octobre 1926 pour vol commis le 15 septembre précédent. À une date restant à préciser, la cour d’appel de Paris le condamne à six mois d’emprisonnement suite à un jugement de la 10e chambre correctionnelle de la Seine en date du 29 février 1928 pour vol. Le 1er mars 1929, la 13e chambre correctionnelle le condamne par défaut à dix-huit mois d’emprisonnement pour abus de confiance commis en 1927. Le 8 juillet 1933, la 14e chambre le condamne à trois mois d’emprisonnement pour vol et infraction à interdiction de séjour.

Conséquence probable des poursuites judiciaires qu’il subit, sa vie est très bousculée et il déménage souvent. En janvier 1926, il habite à Barcy, au nord de Meaux. En mai 1930, il est hébergé dans le village d’Écharcon (Seine-et-Oise / Essonne). En décembre 1931, il donne comme adresse le 208, rue du Château des Rentiers, à Paris 13e, et, en octobre 1934, le 45, rue Mouffetard, à Paris 5e. En janvier 1937, il dit habiter boulevard Jean Jaurès, à Fresnes (Seine / Val-de-Marne). À la fin du mois, on le retrouve au 20, rue Maître Albert, dans le 5e arrondissement.

Le 4 septembre 1939, il est rappelé à l’activité militaire, mais ne rejoint pas son unité : le 24 octobre, il est déclaré comme insoumis.

Au moment de son arrestation, Jean Lannoy est domicilié au 16, rue de Pali-Kao à Paris 20e.

Le 19 septembre 1941, Jean Lannoy est interné administrativement à la demande de la direction de la police judiciaire comme dangereux pour la sécurité publique en raison de ses antécédents : dix condamnations, dont sept pour vol ou complicité, les trois autres pour abus de confiance, infraction à un arrêté d’interdiction de séjour et insoumission. Il est écroué au dépôt de la préfecture de police, assigné à la grande salle.

Le 23 octobre, il écrit au préfet de police afin de solliciter « une place pour aller travailler dans une ferme », demande justifiée par le fait que : « Je n’ai jamais fait parti de politique [sic] Donc je ne vois pas pourquoi je suis consigné parmi eux […] étant seul et indigent, vu que je n’ai personne pour me venir en aide … ».

Le 10 novembre, il est conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne).