Jean LOCATELLI

Matricule 45799
decede
Photographie de Jean LOCATELLI
Jean Locatelli © Archives familiales — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/02/locatelli-jean-charles/
Convoi 45000

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À partir du 30 novembre, il est employé par la maison Nevé, usine de matériel frigorifique, 176 boulevard de Charonne (Paris 20e), d’où il est renvoyé le 20 septembre 1940.

Le 24 septembre – trois mois et demi après le début de l’occupation -, il signe un contrat de travailleur volontaire en Allemagne comme tourneur pour la société Marhischer Mettallbau à Orianenburg. Mais un témoignage ultérieur atteste que cette démarche n’a pas eu de suite (source : DAVCC).

Pendant un temps, il demeure au 4 cité Dupont, à Paris 11e. À partir du 25 septembre et jusqu’au moment de son arrestation, il habite une chambre à l’hôtel des Méridionaux (ou hôtel Méridional), 36, boulevard Richard-Lenoir (11e). Ultérieurement, son père, gardien concierge des établissements La Tôlerie industrielle , 7 rue Guillaume-Bertrand (11e), déclarera qu’il résiderait alors chez lui.

Un rapport des renseignements généraux indique que Locatelli n’a, jusque là, pas attiré l’attention pour son activité politique..

En octobre, la police française reçoit des « renseignements confidentiels » signalant que des tracts communistes ont circulé au cours des mois précédant dans le quartier Saint-Ambroise. Une enquête aussitôt effectuée les conduit à identifier un distributeur de tracts, Émile P., 59 ans, qui, lors de son interrogatoire, déclare tenir ceux-ci de Jean Locatelli.

Celui-ci est arrêté le 9 ou le 10 octobre 1941, vers 18 h 15, sur son lieu de travail par des inspecteurs de la 3e section des renseignements généraux. Son vestiaire à l’usine et sa chambre d’hôtel sont perquisitionnés sans amener la découverte d’aucun élément compromettant. Interrogé dans les locaux de la préfecture de police, Locatelli met d’abord en cause un ex-militant, André J., de Saint-Ouen, mais, celui-ci niant le connaître, il revient sur ses premières déclarations, ce qui n’empêche pas qu’il reste considéré comme suspect. Le 13 octobre, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret-loi du 18 novembre 1939 et il est écroué au Dépôt, 3 quai de l’Horloge, en attendant son transfert dans un centre de séjour surveillé (CSS).

Le 10 novembre 1941, Jean Locatelli fait partie d’un groupe de 58 militants communistes transférés au camp de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne).

Dans la même période, son beau frère écrit au préfet de police pour solliciter sa libération, expliquant que tous deux appartiennent à une famille catholique et que Jean Locatell n’a jamais fait de politique.

Le 27 février 1942, Jean Locatelli écrit lui-même au préfet de la Seine pour solliciter sa libération, opposant « énergiquement un démenti formel aux allégations de [son] accusateur ». Il ajoute : « Depuis la Révolution nationale, j’ai toujours compris la nécessité d’un ordre nouveau et accepté de grand cœur la politique du Maréchal ».

Le 22 mai 1942, Jean Locatelli est parmi les 156 internés de Rouillé – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Locatelli est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).