Jean MANON

Matricule 45825
decede
Portrait de Jean MANON
Jean Manon en 1941. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean, Alphonse, Manon, naît le 23 janvier 1921 à Saint-Jean-aux-Bois (Ardennes – 08), fils d’Élie François Manon, 37 ans, employé de la Compagnie des chemins de fer de l’Est [1], après avoir été ardoisier, et d’Odile Catherine Félicie Pécheux, 40 ans, son épouse.

Jean a trois sœurs, Marie Louise Lucie Odile née le 2 juillet 1909, Léa Clotilde, née le 19 août 1910, toutes deux à Fépin (08), Ida, née en 1913 à Hirson (Aisne), et un frère, Henri Jean, né en 1915 ou 1916 à Colombier (loin du front ?).

Au cours de la Première guerre mondiale, leur père a été mobilisé comme “affecté spécial”, maintenu à son emploi du temps de Paix.

En juillet 1927, la famille habite à Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle – 54), où le père est surveillant de voie. Le 24 septembre 1929, à Audun, Marie Louise se marie avec Pierre Zanolin. Le 27 février 1932, à Audun, Léa Clotilde se marie avec Marcel Peiffer.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Jean Manon habite chez ses parents au 78 rue (route) de Briey à Audun-le-Roman.

Jean Manon est cheminot à la Compagnie des Chemin de Fer de l’Est [1], comme Léon Toussaint, d’Audun-le-Roman, qu’il connaît probablement.

Audun-le-Roman. La gare. Carte postale des années 1900. Collection Mémoire Vive.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-sept mines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.

Le 19 février, les noms de Jean Manon et Léon Toussaint sont inscrits sur une liste de soixante suspects établie par la préfecture de Meurthe-et-Moselle pour être transmise à la Feldkommandantur de Briey.

Le 21 février 1942, Jean Manon est arrêté par la Feldgendarmerie , comme otage. Le 24 février, il est écroué à la Maison d’arrêt de Toul.

Le 27 février, son nom est inscrit sur un état nominatif des otages transmis par le préfet Jean Schmidt à Fernand (de) Brinon à Vichy ; 16e sur la liste.