Plusieurs détenus passés par les camps et prisons françaises ont porté ces nom et prénom. Celui qui disparaît à Auschwitz est…
Jean, Baptiste, Émile, Porte, naît le 4 mai 1901 à Saint-Étienne (Loire), fils de Pierre Porte, 46 ans, passementier (?) et d’Antoinette Thibault, son épouse, 44 ans, passementière (?). Pendant un temps, ses parents habitent au 18, rue du Vernay, à Saint-Étienne.
Le 22 février 1921, la cour d’assise de la Loire le condamne à deux ans d’emprisonnement pour vol qualifié.
Jean Porte est absent à sa convocation au conseil de révision ; probablement détenu…
Le 5 avril 1921, il manque à l’appel lors de son appel à l’activité pour accomplir son service militaire. Le 1er décembre 1922, à sa sortie de prison, il est dirigé sous escorte sur le 5e régiment d’infanterie légère d’Afrique (« bat’ d’Af ») qui intègre, entre autres, des individus reconnus coupables de crimes et condamnés seulement à l’emprisonnement par des tribunaux correctionnels. Le 19 décembre, Jean Porte est en Tunisie (à Gabès ?) ; la suite de son parcours pendant la guerre reste à préciser… Le 18 décembre 1924, il est envoyé en congé de démobilisation, le certificat de bonne conduite lui est refusé.
Le tribunal correctionnel de Saint-Étienne le condamne à plusieurs reprises : le 23 novembre 1926, à trois mois d’emprisonnement pour vol et port d’arme prohibée ; le 4 mars 1927, à trois mois et un jour d’emprisonnement pour les mêmes motifs. En décembre suivant, Jean Porte est domicilié au 12, rue du Mont, à Saint-Étienne. Le 15 janvier 1929, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne le condamne à deux mois d’emprisonnement pour coups et blessures, et port d’arme prohibée.
Le 10 octobre 1930 à Saint-Étienne, Jean Porte se marie avec Marguerite Place.
Le 17 février 1933, la cour d’assise de la Loire le condamne à quatre ans d’emprisonnement et cinq ans d’interdiction de séjour pour « meurtres avec excuse de la provocation ».
Le 4 février 1938, la 14e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à trois mois de prison pour violences à particuliers et à agents, et infraction à une interdiction de séjour commises le 26 décembre précédent. Le 27 décembre 1938, la 11e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à quatre mois d’emprisonnement pour port d’arme prohibée, bris de clôture et interdiction de séjour commis deux jours plus tôt.
Le 7 septembre 1939, il est rappelé à l’activité militaire au centre mobilisateur d’infanterie n° 132 et aussitôt affecté au dépôt d’infanterie n° 172 bis, stationné au camp militaire de Livron à Caylus (Tarn-et-Garonne) et destiné à former des bataillons d’infanterie légère (13e IL) composés de punis de droit commun ayant purgé leur peine ou les terminant dans les prisons centrales de France. Le 22 septembre, la commission de réforme de Caylus classe Jean Porte au service auxiliaire pour « légère amyotrophie de l’épaule gauche » (suite inconnue, démobilisation ?…).
Sur l’acte de décès du camp d’Auschwitz, Jean Porte est déclaré comme ayant une adresse à Paris 10e.
Le 5 mai 1942, il fait partie des 14 internés administratifs de la police judiciaire (dont au moins onze futurs “45000”) qui sont conduits avec 37 communistes à la gare du Nord, « à la disposition des autorités allemandes et dirigés sur Compiègne par le train de 5h50 » pour être internés au camp de Royallieu (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).