Jeanne Renon naît le 4 novembre 1894 à Pessac (Gironde – 33).
À une date restant à préciser, elle épouse Henri Souques, né le 9 août 1895 à Preignac (33).
Ensemble, ils exploitent une blanchisserie installée dans le vieux moulin de Monjous [1], à Gradignan, village au sud-ouest de Bordeaux, proche de la ville.
Deux ou trois fois par semaine, Jeanne se rend à Bordeaux en voiture pour livrer le linge aux grands hôtels dont elle a la clientèle. Elle revient avec des ballots de linge sale.
Avant la dissolution du Parti communiste, la direction régionale légale, dirigée par Henri Chassaing, met en place un triangle de direction clandestin composé de Jean Bonnafon, Lapeyrade (prénom ?) et Henri Souques.
Pendant la “drôle de guerre”, le couple Souques héberge Charles Tillon, ancien député communiste d’Aubervilliers entré dans la clandestinité dès le 25 août 1939 et envoyé en octobre à Bordeaux pour prendre en charge les dix départements du Sud-Ouest.
Le 17 juin 1940, Tillon demande à Henri Souques de porter le texte de son « Appel aux travailleurs » à Paulette Lacabe qui dactylographie les textes du PCF à Bordeaux.
Plus tard au cours de cet été 1940, Henri Souques est arrêté à son moulin de Gradignan. Charles Tillon, qui y retourne « après une alerte dans Bordeaux », parvient de justesse à fuir dans un bois proche [2].
Henri Souques « s’évadera des mains des gendarmes ». Ensuite (?), il est chargé de former les premiers Francs-tireurs et partisans (FTP) dans la région (Ch. Delbo).
Sous l’occupation, dans les corbeilles de linge qu’elle transporte dans son auto à gazogène entre la blanchisserie et Bordeaux, Jeanne Souques dissimule les tracts tirés sur une ronéo cachée dans son moulin, la machine à écrire qui passe d’une maison à l’autre en fonction des besoins. Des responsables du Front national [3] descendent chez elle quand ils ont affaire dans la région.
Chaque lundi, Jeanne dépose des sacs de linge dans le magasin de meubles de Jean Bonnafon au fond duquel une autre ronéo est installée. Renée Michaud, qui passe pour la secrétaire du magasin, vient y taper à la machine les tracts ou les journaux diffusés dans la région. Circulant sur un vélo dont les sacoches sont bourrées de ces tracts, Germaine Bonnafon en dépose chez Charlotte Lescure à Floirac.
Les militants de la SNCASO de Bègles, usine d’aviation réquisitionnée par l’armée d’occupation, diffusent aussi la propagande imprimée venue du moulin des Souques.