Jeanne GRANDPERRET

Née Bergöend
Matricule 31770 (attribution probable)
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Jeanne GRANDPERRET
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Jeanne Claire Bergöend naît le 1er juillet 1896 à Morez, dans le Jura, au sein d’une famille de cinq enfants. Son père est émailleur. Après le brevet élémentaire, elle apprend elle aussi le métier de peintre sur émail. Elle épouse Roger Grandperret, lunetier originaire de Morez, puis le couple s’installe à Paris à une date qui reste à préciser. En 1942, Jeanne et Roger n’appartiennent formellement à aucune organisation. Ils reçoivent toutefois des aviateurs britanniques tombés en France, des officiers et d’autres personnes envoyées par un frère de Roger lié au mouvement Combat. Leur domicile sert ainsi de refuge et de relais à des hommes qu’une filière aide ensuite à rejoindre l’Angleterre. Le 15 octobre 1942, deux agents de la Gestapo en civil les arrêtent alors qu’ils rentrent déjeuner. La perquisition ne découvre aucun hôte, mais les époux sont conduits rue des Saussaies pour interrogatoire. Jeanne est ensuite enfermée dans le quartier allemand de Fresnes. Le 2 novembre, elle est transférée au fort de Romainville sous le matricule 1138. Le 23 janvier 1943, Jeanne rejoint Royallieu à Compiègne avec un groupe de détenues de Romainville. Le lendemain, elle est déportée dans le même convoi que son mari, mêlé aux plus de 1 450 hommes. À Halle, le train est séparé : Roger part vers Sachsenhausen, tandis que Jeanne et les 229 autres femmes poursuivent vers Auschwitz. Le convoi arrive le 26 janvier. À Birkenau, Jeanne reçoit probablement le matricule 31770, établi par correspondance avec le registre de Romainville ; l’attribution reste incertaine. Sa photographie réalisée à Auschwitz-I le 3 février n’a pas été identifiée avec certitude. Après la quarantaine au Block 14, elle est soumise aux corvées et aux conditions meurtrières du camp. Jeanne succombe à Birkenau le 1er mars 1943, auprès de Marie-Jeanne Pennec. L’acte du camp adressé à la famille confirme cette date et indique un décès à 10 h 45 à Auschwitz. Roger Grandperret survit à Sachsenhausen, aux évacuations et au naufrage du Cap Arcona ; il est finalement rapatrié le 16 juin 1945. Aucun portrait authentifié de Jeanne n’a été retrouvé, et son matricule d’Auschwitz demeure probable. Ces absences documentaires n’effacent pas son parcours. Derrière le numéro 31770 demeure la peintre sur émail jurassienne qui, avec son mari, ouvre son foyer parisien à des aviateurs et officiers traqués avant de mourir en déportation.