Karolina KONEFAL

Matricule 31707
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Karolina KONEFAL
Crédit non indiqué par la source

Karolina Konefal naît le 25 octobre 1920 à Varsovie, en Pologne. Les documents réunis à son sujet sont très peu nombreux et ne permettent pas de restituer sa famille, son enfance, sa formation ou sa profession. La notice de Mémoire Vive l’associe à Anna Nizinska, une autre jeune Polonaise déportée dans le même convoi. Toutes deux arrivent en France par un chemin qui reste inconnu.

Lorsqu’elles apparaissent dans les archives françaises, Karolina et Anna ne parlent pas français et portent des vêtements de paysannes. Le 2 octobre 1942, elles sont écrouées au fort allemand de Romainville, le même jour que Félicia Rostkowska et Eugénie Korzeniowska. La raison exacte de leur arrestation n’est pas connue et aucun document conservé ne permet de leur attribuer une activité précise.

Une hypothèse, explicitement présentée comme une conjecture, suppose qu’elles cherchent à rejoindre à Paris des compatriotes et qu’une adresse en leur possession les relie peut-être au réseau polonais Monika. Cette possibilité ne doit pas être transformée en certitude. Ce que les sources établissent, c’est leur détention par les autorités allemandes à Romainville, puis leur inclusion dans le groupe des femmes transférées vers Compiègne en janvier 1943.

Le 24 janvier 1943, Karolina est déportée avec 229 autres femmes dans les quatre derniers wagons d’un convoi parti de la gare de marchandises de Compiègne. Plus de 1 400 hommes occupent les wagons placés en tête. À Halle, les deux groupes sont séparés : les hommes sont dirigés vers Sachsenhausen, tandis que les femmes poursuivent leur route jusqu’à Auschwitz, où elles arrivent le 26 janvier au soir.

Le lendemain, les femmes descendent du train et marchent jusqu’au camp de Birkenau. Karolina Konefal y reçoit le matricule 31707, tatoué sur son avant-bras gauche. Comme ses compagnes, elle subit d’abord la quarantaine, l’appel, le froid, la faim et l’entassement. Sa photographie concentrationnaire, conservée dans les collections liées à Mémoire Vive, rend aujourd’hui un visage à ce numéro imposé par l’administration du camp.

En mars 1943, Karolina tente de prendre de l’eau dans un ruisseau pour boire. Selon le récit transmis par Charlotte Delbo, un SS la jette dans l’eau, la roue de coups et la laisse trempée dans le froid. Elle meurt quelques jours plus tard. La date exacte n’est pas connue et la notice ne fournit aucun acte administratif permettant de préciser davantage les circonstances de son décès.

Karolina Konefal n’a que vingt-deux ans. Les lacunes de son dossier ne diminuent ni la violence de ce qui lui est infligé ni la nécessité de préserver son nom. Sa fiche distingue les faits attestés des hypothèses : naissance à Varsovie, détention à Romainville, déportation à Auschwitz sous le numéro 31707 et mort après les sévices de mars 1943. Ce cadre prudent restitue sa dignité sans combler artificiellement le silence des archives.