Clémence, Léona, Bouillard, née Ravaux le 26 avril 1885 à Éteignères (Ardennes), domiciliée à Tremblois-lès-Rocroi (Ardennes), morte à Auschwitz, au sous-camp de femmes de Birkenau, le 13 février 1943.
Clémence, Léona, Ravaux naît le 26 avril 1885 à Éteignères (Ardennes – 08), chez son grand-père, Pierre-Victor Ravaux, 53 ans, manouvrier, fille de Marie, Félicité, Ravaux, 27 ans, couturière.
Pendant un temps, Léona habite à Renwez avec sa mère.
Le 14 septembre 1902 à Servion [1] (08), Léona Ravaux, âgée de 17 ans, se marie avec Louis, Marie, Coquerelle, né le 24 août 1878 à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) sous le nom de sa mère, tourneur, alors domicilié à Servion.
Louis, Marie, Coquerelle est “reconnu” le 27 avril 1914 (à 36 ans !) par le mariage de sa mère avec Eugène Fulgence Bouillard, à Remilly-les-Pothées (08).
En octobre 1937, le Parti communiste présente un nommé Louis Bouillard (contremaître) comme candidat aux élections cantonales dans la circonscription de Signy-le-Petit (08).
Louis Bouillard devient petit entrepreneur. Avant leur arrestation, Louis et Léona habitent Mon idée , un écart du petit village de Tremblois-lès-Rocroi (08).
Le 19 mai 1942, ils sont arrêtés tous les deux par la Gestapo : « Vous avez été dénoncés parce que vous distribuez des tracts », leur dit l’interprète. Des tracts du Front national [2].
Léona Bouillard est enfermée à la prison de Charleville (08), puis à celle de Rethel (08), enfin à Nancy (Meurthe-et-Moselle) d’où elle a été transférée au camp allemand du fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), le 21 (ou 25) novembre 1942, où elle est enregistrée sous le matricule n° 1254.
Une petite grand-mère serviable, qui s’est tout de suite fait des amies parmi les jeunes. Ses camarades l’appellent « Mémé Bouillard ».
L’unique entrée du Fort de Romainville (Haftlager 122), surplombée par un mirador. © Musée de la résistance nationale (MRN), Champigny-sur-Marne (94).
Le 22 janvier 1943, Léona Bouillard fait partie des cent premières femmes otages transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 21.1 »). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris).
