Léonie SABAIL

Née Daubigny
Matricule 31745
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Léonie SABAIL
Crédit non indiqué par la source

Léonie Daubigny naît le 5 avril 1891 à Châtellerault. Elle épouse Jean Sabail et le couple a une fille, déjà mariée en 1942, et un fils de quinze ans. Tous deux travaillent aux chemins de fer : Léonie est chef de bureau, Jean dessinateur ou chef de groupe. Ils vivent dans l’agglomération bordelaise, à Bordeaux ou Bègles.

Avant même l’Occupation, leur maison sert de refuge politique. Pendant la « drôle de guerre », ils hébergent parfois Charles Tillon, député communiste passé dans la clandestinité. En juin 1940, Léonie participe à une délégation qui veut remettre à Édouard Herriot une lettre appelant le Parlement à refuser la capitulation. Menacés d’arrestation, les délégués échappent alors à la police.

La maison familiale est bombardée en juin 1940, laissant Léonie très éprouvée. Jean est arrêté par la police française à l’automne 1941. Malgré ce coup et la peur, elle continue d’héberger des résistants. Le 2 septembre 1942, elle est arrêtée chez elle et emprisonnée à la caserne Boudet, annexe du fort du Hâ à Bordeaux.

Le 16 octobre, Léonie est transférée au fort de Romainville avec un groupe de détenus de Bordeaux et des Charentes. Elle reçoit le matricule 971 et retrouve Jean, interné dans le quartier des hommes. Le 23 janvier 1943, elle rejoint Royallieu, puis monte le lendemain dans le convoi des 230 femmes à destination d’Auschwitz.

À Birkenau, Léonie reçoit le matricule 31745, tatoué sur l’avant-bras. Son triptyque d’immatriculation, pris le 3 février, est retrouvé puis identifié par des rescapées dès 1947. Après la quarantaine, elle est assignée au Block 26, où mille femmes sont entassées, puis envoyée dans les kommandos de travail.

Elle meurt au Revier de Birkenau le 1er mars 1943, selon l’acte de décès du camp. Jean reste détenu à Romainville et est fusillé au Mont-Valérien le 2 octobre 1943 ; la notice conserve toutefois une réserve sur une possible homonymie dans certaines listes. Leurs enfants apprennent la mort de leur mère par une rescapée au retour des camps.

Une rue de Bègles porte les noms de Louis et Jean Sabail, selon une dénomination dont la notice relève encore l’imprécision. Au-delà des variantes documentaires, Léonie apparaît clairement comme une cheminote qui ouvre sa maison aux clandestins, porte un appel contre la capitulation et poursuit l’accueil de résistants après l’arrestation de son mari.