Louis, Félix, Armand naît le 7 juillet 1898 à Charleville (Ardennes), fils de Louis Félix Armand, 31 ans, (« disparu depuis 1914 ») et d’Élisabeth Baun, 28 ans, également célibataire, domiciliée quai de la Madeleine.
Selon une notice individuelle établie ultérieurement par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, Louis Armand est « illettré ».
De la classe 1918, il est « bon absent », « non [recruté ?] en temps utile par suite d’un cas de force majeure » (occupation du territoire ?). Le 30 novembre 1919, il est incorporé au 91e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe afin d’accomplir son service militaire. Le 23 février 1920, il passe au 79e R.I. puis, le 15 avril, au 120e R.I. Le 14 juin, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite.
En octobre 1920, Louis Armand habite au 5, rue Pierre-de-Bar, à Joeuf (Meurthe-et-Moselle – 54). Il travaille comme « machiniste ». En juin 1921, il est domicilié à Rollingergrund, au Luxembourg. En février 1923, il habite au 19, rue Grande, à Joeuf.
Le 11 septembre 1924 à Joeuf, Louis Armand épouse Émilie Marie Greiffenberg, née le 2 juin 1902 à Auboué (54), fille de mineur. Ils auront deux fils, André, né en 1926, et Louis, né en 1929, tous deux à Joeuf ; « l’un qui est apprenti, l’autre qui va à l’école » au moment de l’arrestation de leur père.
En avril 1928 et jusqu’à son arrestation, Louis Armand est domicilié au 20 ou au 25, rue du Commerce à Joeuf.
Il est ouvrier sidérurgiste (manœuvre) aux Aciéries de la Marine à Homécourt.
Homécourt. L’usine derrière le centre-ville. Carte postale non datée. Collection Mémoire Vive.
Selon son épouse, demandant plus tard une enquête au préfet de Meurthe-et-Moselle, Louis Armand « était inscrit purement et simplement à la section socialiste, il ne s’occupait que de la jeunesse pendant les vacances scolaires » ; il est « chef des Faucons Rouges », selon la notice citée plus haut.
Lors de la mobilisation du 2 septembre 1939, il est “affecté spécial” dans l’usine où il travaille. Il est « démobilisé » le 10 octobre 1940 par la brigade de gendarmerie de Jœuf.
Du 5 au 20 juillet 1941, Louis Armand est interné à la Maison d’arrêt de Briey par mesure administrative. Selon le sous-préfet, il est arrêté parce que figurant sur une liste de communistes ; il s’agit probablement d’une mesure d’accompagnement de l’« Aktion Theoderich » lancée préventivement par l’armée d’occupation.
Le 7 février 1942, Louis Armand est arrêté à la suite du sabotage du transformateur électrique de l’usine d’Auboué dans la nuit du 4 au 5 février ; action de résistance qui déclenche plusieurs vagues d’arrestations dans le département (70, dont plusieurs dizaines de futurs “45000”).