Louise LAVIGNE

Née Amand, dite « Anaïse » ou « Nayette »
Matricule 31669
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Louise LAVIGNE
Crédit non indiqué par la source
Louise Amand, dite « Anaïse » ou « Nayette », naît le 17 mars 1904 à Iteuil, dans la Vienne, au sein d’une famille nombreuse et très pauvre. Elle quitte tôt l’école pour travailler dans une usine de chaussures, comme chamareuse puis mécanicienne. En 1932, elle épouse Marcel Lavigne, électricien et syndicaliste. Le couple a deux filles. À Poitiers, Louise et Marcel participent au mouvement ouvrier. Sous l’Occupation, son frère René Amand devient un responsable local du Front national clandestin. Après son arrestation en juin 1941, les Lavigne prennent la relève. Leur appartement, proche de la ligne de démarcation, sert de point de contact et de passage pour des militants recherchés souhaitant gagner la zone non occupée. Le 25 mars 1942, un policier se présente chez Louise sous une fausse identité en suivant les indications saisies chez un responsable clandestin. Elle refuse de donner des renseignements. Marcel est arrêté à son retour, puis Louise est interrogée par la police mobile. Malgré les questions et les confrontations, elle protège les contacts et le matériel clandestin en gardant le silence. Louise est incarcérée à Poitiers, puis transférée à Paris. Après le dépôt de la préfecture, elle est remise aux autorités allemandes et enfermée à la Santé. Le 24 août 1942, elle rejoint le fort de Romainville sous le matricule 670. Son mari Marcel est fusillé comme otage au Mont-Valérien le 21 septembre. Le 22 janvier 1943, Louise est transférée à Royallieu. Elle est déportée de Compiègne le 24 janvier avec 229 autres femmes. Le train atteint Auschwitz le 26 et les détenues entrent à Birkenau le lendemain. Louise reçoit le matricule 31669, tatoué sur son avant-bras, puis est photographiée à Auschwitz-I le 3 février. Les conditions de Birkenau l’épuisent en quelques semaines. Louise meurt vers le 25 mars 1943 ; sa photographie d’immatriculation demeure le principal document du camp retrouvé à son nom, les autres archives ayant été détruites avant l’évacuation d’Auschwitz. Ses deux filles, encore enfants, sont élevées par leur grand-mère paternelle après la disparition de leurs parents. Le frère de Louise, René, déporté à Auschwitz en juillet 1942, y avait été tué le mois suivant. La famille paie ainsi un lourd tribut à la répression. Derrière le matricule 31669 demeure « Nayette », ouvrière et mère, qui transforme son foyer en relais clandestin et oppose aux interrogatoires un silence protégeant ses camarades.