Lucienne dite « Lucie » MANSUY

Née Caccia
Matricule 31648
🌿 Rescapée de la déportation
Photographie non retrouvée pour Lucienne dite « Lucie » MANSUY
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

Lucienne Jeanne Caccia naît le 3 juin 1915 à Gérardmer, dans une famille de quatre enfants issue de l’immigration italienne. Son père travaille comme chef de chantier en maçonnerie et sa mère comme bobineuse. Après le certificat d’études, Lucie est ouvrière du textile, de la chaussure puis serveuse. Elle épouse Lucien Mansuy le 23 décembre 1932 et devient française.

Militant communiste, son mari rejoint les Brigades internationales et meurt en juillet 1938 lors de l’offensive de l’Èbre. Lucie adhère à des organisations antifascistes et au Parti communiste. Elle rencontre ensuite Maurice Quédec, ouvrier chez Renault et militant clandestin. Ensemble, ils s’engagent dans la Résistance ; elle sert d’agent de liaison et diffuse journaux et tracts.

Le 18 juin 1942, au terme de longues filatures menées par la brigade spéciale anticommuniste, Lucie et Maurice sont arrêtés chez eux. Aucun document compromettant n’y est découvert. Interrogée aux Renseignements généraux, elle nie toute activité clandestine. Maurice Quédec est fusillé au Mont-Valérien le 11 août parmi 88 otages exécutés en représailles.

Le 20 août, Lucie est transférée au fort de Romainville et reçoit le matricule 641. Déportée de Compiègne le 24 janvier 1943, elle arrive à Auschwitz avec les 230 femmes du convoi. Le matricule 31648 est tatoué sur son bras. Elle traverse Birkenau, puis travaille notamment à Raïsko, où un groupe de Françaises bénéficie d’une solidarité décisive.

Fiévreuse, elle échappe en janvier 1944 à un premier transfert prévu vers Ravensbrück. Elle y est finalement envoyée en août, puis transférée à Mauthausen en mars 1945. Affectée à des travaux épuisants, elle connaît encore les bombardements de la gare d’Amstetten. Le 22 avril, la Croix-Rouge la prend en charge et la conduit en Suisse.

Lucie rentre à Paris le 30 avril 1945 avec trente rescapées. Ayant perdu Maurice et son logement, elle reprend un emploi d’ouvrière découpeuse dans la métallurgie. Les violences du camp demeurent présentes : vingt ans plus tard, elle évoque encore un gardien SS qui l’a fait piétiner par son cheval sur un chantier.

Elle meurt vraisemblablement le 20 février 2007, la date exacte restant donnée avec prudence par la source. Un hommage lui est rendu aux Invalides et une plaque rappelle sa mémoire rue Dénoyez, à Paris. Sa longue vie d’après-guerre ne gomme ni les pertes ni la déportation ; elle porte aussi le témoignage d’une survivante.