Lucien, Ernest, Alessandri naît le 8 octobre 1906 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Sous l’Occupation, se déclarant comme garçon de restaurant au chômage, il est domicilié au 9, rue de Clignancourt et exerce le « métier de souteneur ». Il partage son appartement avec Anna M., 25 ans, “fille soumise”, qu’il a placée dans une “maison de tolérance”, ainsi qu’une autre jeune femme.
Le 2 août 1941, il est arrêté par des agents du commissariat du quartier des Grandes Carrières pour avoir acheté quarante feuillets de tickets de pain « à un inconnu », Puis est conduit au Dépôt « près la préfecture de police » en attendant son passage devant un juge d’instruction pour infraction à la loi du 17 septembre 1940.
Le 5 mai 1942, il fait partie des quatorze internés administratifs de la police judiciaire (dont au moins onze futurs “45000”) qui sont conduits avec 37 communistes à la gare du Nord, « à la disposition des autorités allemandes et dirigés sur Compiègne par le train de 5h50 » pour être internés au camp de Royallieu (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
( le fait – fort probable – qu’il soit déporté le 6 juillet 1942 est une hypothèse à vérifier… )
Entre fin avril et fin juin 1942, Lucien Alessandri serait sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Lucien Alessandri serait enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45161, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).
On ignore son destin ensuite.