Lucien PELLETIER

Matricule 45961
decede
Photo non trouvée pour Lucien PELLETIER
Image de remplacement. Photographie de Lucien PELLETIER non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Lucien, Eugène, Pelletier naît le 19 septembre 1904 à Yvetot (Seine-Maritime [1] – 76), au domicile de ses parents, Georges Lucien Pelletier, 23 ans, domestique, et Marie Darnanville, 20 ans, tisserande, son épouse, domiciliés rue de Rétimare. Lucien a quatre frères et sœurs nés après lui : Georges Jules, né le 10 juillet 1906 à Yvetot, Marie Louise, née 7 janvier 1911, Madeleine, née le 9 mars 1912, André, né le 2 mars 1914, tous trois à Rocquefort (76).

Leur père décède à Rocquefort le 16 mai 1914, âgé de 35 ans.

Le 17 avril 1915 à Rocquefort, sa mère se remarie avec Hilaire Godefroy, exempté de service militaire, puis de mobilisation en novembre 1914. Ensemble, ils ont trois autres enfants : Yvonne, née le 17 octobre 1917, Jean, né le 11 juillet 1921, tous deux à Rocquefort, et Maurice, né en 1925 à Barentin (76).

Dès 1922, la famille est installée à Barentin, à 17 km au nord-ouest de Rouen. Depuis le 26 décembre de cette année, Lucien est “ouvrier spécialisé” (?) dans la filature de coton Badin (grand fournisseur d’emplois de la ville), comme son beau-père. En 1926, la famille habite rue du Coton (n° 36 ?).

Le 6 novembre 1926, à Barentin, Lucien Pelletier se marie avec Alice Delu, née le 1er décembre 1904 à Carville, lieu dit de Darnétal (76), elle aussi ouvrière à la filature Badin. Ils ont un enfant, né vers 1936 (?).

Barentin dans les années 1910. La filature (au second plan), la cité Badin (au dernier plan). Carte postale, collection Mémoire Vive.

Lucien Pelletier adhère au Parti communiste « dans les années précédant la guerre ». Il est également membre de la CGT. Militant actif, il est candidat du PC à Barentin lors des élections municipales de 1932 et 1936.

Au moment de son arrestation, Lucien Pelletier est domicilié au 31, route de Villers (ou 21, ancienne route de Villiers) à Barentin (un document mentionne le 15, rue du général-Sarrail). Le 4 août 1941, répondant à une note du préfet de Seine-Inférieure datée du 22 juillet, le commissaire principal de police spéciale de Rouen transmet à celui-ci une liste nominative de 159 militants et militantes communistes de son secteur dont il préconise de prononcer l’internement administratif dans un camp de séjour surveillé, tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et « par tous les moyens ». Parmi eux, Lucien et Alice Pelletier…

Arrêté le 21 octobre 1941, à son domicile, par des gendarmes français sur commission rogatoire du Préfet, lors de la grande rafle des adhérents communistes et syndicalistes de l’agglomération rouennaise [2], Lucien Pelletier est emprisonné à Rouen, puis transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), Frontstalag 122 – Polizeihaftlager , où il est assigné au bâtiment A4, chambre 12.

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Le 14 avril 1942, Alice Pelletier écrit au préfet de Seine-Inférieure pour solliciter la libération de son mari, « étant estimé comme brave garçon et un homme courageux travaillant au coton sans aucun reproche de son patron ». Sa lettre est accompagnée d’un certificat du maire de Barentin : « Depuis la guerre, [Monsieur Pelletier] n’a jamais donné lieu à aucune remarque défavorable, tant du point vue conduite que moralité. » Le 30 avril, le préfet interroge le commissaire principal chef des Renseignements généraux à Rouen afin que celui-ci lui fasse connaître son « avis sur l’opportunité d’une intervention en sa faveur auprès des autorités allemandes ». Le 11 mai, le chef des R.G. de Rouen répond : « Les autorités locales de Barentin craignent toujours que Pelletier reprenne son ancienne activité et continue à militer clandestinement en faveur de son ex-parti au cas où une mesure de clémence serait prise en sa faveur. Dans ces conditions, j’estime qu’il ne paraît pas opportun, dans les circonstances actuelles, de faire une démarche en sa faveur auprès des autorités d’occupation. »