Madeleine GALESLOOT

Matricule 31643
survivant
Portrait documenté de Madeleine GALESLOOT
Auschwitz-I, le 3 février 1943 Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Convoi 31000

Auschwitz-I, le 3 février 1943 Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

En 1937, en Belgique, elle épouse Pierre Bertrand Galesloot, né le 11 août 1909 à Bruxelles (Belgique), de nationalité néerlandaise, photographe, et s’installe avec lui à Forest-les-Bruxelles.

Pierre Galesloot exerce sa profession de photographe à la maison Apers, à Bruxelles. Il y a comme collègue de travail Franciscus “François” Wouters, voyageur de commerce en photogravure, mais également militant internationaliste actif (OMS ???). Pierre Galesloot est membre du Syndicat professionnel des photographes et photograveurs.

Ayant probablement fuit l’invasion allemande, le couple Galesloot arrive en France en 1940. À partir le 9 septembre, ils logent au Style Hôtel, 17 rue Claude-Bernard (Paris 5e). Pierre ne trouve pas d’emploi.

Pressenti par François Wouters, alors mandaté en France, Pierre Galesloot rejoint la filière d’impression parisienne du Front national [1]. Il travaille clandestinement dans un atelier, loué par Arthur Tintelin au nom de “Lombart”, au 91 rue de Vaugirard (Paris 6e), dont le matériel lui a été fourni par le Parti communiste, lequel lui verse un salaire.

À la mi-mars 1942, exploitant des informations obtenues lors des enquêtes ayant précédé et suivi les arrestations de l’affaire Pican-Cadras, des inspecteurs de la brigade spéciale 1 (BS1) des Renseignements généraux de la préfecture de police commencent la filature d’un résistant qu’ils désignent provisoirement comme « Ambroise », du nom de la rue Saint-Ambroise (Paris 11e) où il a été repéré la première fois, alors qu’il rencontrait le responsable non-identifié (?) d’un atelier de gravure situé au 81 rue Saint-Maur – peut-être situé dans l’arrière-cour -, entre la rue Saint-Ambroise et l’avenue de la République. Onze policiers en civil suivent alors tous les contacts qui s’enchaînent entre militants et artisans clandestins, repérant notamment les adresses où ceux-ci pénètrent (les “logeant”). Sans le savoir, Arthur Tintelin met les inspecteurs sur la piste de l’appareil technique de propagande du Parti communiste clandestin, le réseau des “imprimeurs”, plus précisément sur les ateliers de gravure et de photogravure qu’il coordonne et dont il rémunère les artisans.

Pierre Galesloot est repéré le 25 mars à 11 heures au cours d’une filature de Tintelin et provisoirement dénommé “Vaugirard”.

Le 13 avril, à 15 h 45, Arthur Tintelin pénètre dans l’atelier de la rue de Vaugirard. Il en sort à 18 heures en compagnie de Galesloot, quel les inspecteurs ne suivent pas (probablement déjà “logé”…).

Dans la nuit du 17 au 18 juin 1942, le commissaire Fernand David, chef de la BS1, déclenche le vaste “coup de filet” policier concluant trois mois de surveillances et filatures (“affaire Ambroise/Tintelin”) avec l’arrestation d’une soixantaine de personnes, appartenant soit au réseau des “imprimeurs”, soit à celui des Jeunesses communistes clandestines de la région parisienne, ayant “partagé” des agents de liaison communs, notamment Renée Pitiot.

Paris. La préfecture de police vue depuis Notre-Dame. Carte postale des années 1900 (le bâtiment est alors la caserne de la Garde républicaine). Coll. Mémoire Vive.

Après une semaine dans les locaux des Renseignements généraux, où elle est interrogée le 20 juin, Madeleine Galesloot est transférée au Dépôt de la préfecture de police.

Le 22 juillet, le dossier de procédure “Tintelin et autres” est transmis au SIPO-SD (police de sûreté nazie) de Paris, 11 rue des Saussaies.