© Musée de l’Histoire Vivante, Montreuil.
Marcel a un frère qui meurt dans les combats de 1914-1918.
Le 26 novembre 1919, le tribunal correctionnel de la Seine l’astreint à une colonie pénitentiaire jusqu’à sa majorité.
Le 20 février 1926 à la mairie de Montreuil, Marcel Delozanne, alors âgé de 23 ans, se marie avec Jeanne Chalmey, 21 ans, née le 18 janvier 1905 à Fontenay-sous-Bois, emboutisseuse. Ils auront deux garçons : Raoul, né le 21 mars 1927, et Louis, né le 21 juin 1928.
Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 53, rue des Ruffins à Montreuil-sous-Bois.
Marcel Delozanne est plombier-couvreur, comme artisan travaillant à son compte jusqu’à la déclaration de guerre.
C’est un militant communiste, assistant « régulièrement aux réunions, manifestations et meetings ». Secrétaire local du Mouvement Paix et Liberté, il serait également, selon la police, secrétaire des Amis de l’URSS et de la cellule PCF du quartier des Ruffins.
Au début de septembre 1939, mobilisé, Marcel Delozanne est “affecté spécial” comme ouvrier à la Cartoucherie de Vincennes.
Le 14 avril 1940, une perquisition opérée à son domicile « par les soins » du commissariat de Montreuil amène la découverte d’un certain nombre de brochures anciennes du Parti communiste alors dissout.
Replié sur Toulouse avec les ouvriers de la Cartoucherie lors de la Débâcle, Marcel Delozanne est démobilisé le 20 juillet et regagne Paris vers la fin du mois. Il se fait alors inscrire au fonds de chômage de sa circonscription.
Sous l’occupation, la police française le considère comme un « animateur de la propagande communiste parmi les chômeurs de Montreuil ». Peu avant son arrestation, plusieurs lettres anonymes le signalent à la police, une de celles-ci l’accusant « d’avoir, en compagnie de plusieurs autres individus, jeté des tracts en passant à bicyclette devant le bureau de chômage de Vincennes », faits, « bien que vraisemblables », n’ayant pu être prouvés.
Le 26 octobre 1940, le préfet de police (dont l’autorité couvre le département de la Seine) signe un arrêté ordonnant son internement administratif « en application du décret du 18 novembre 1939 », parmi 38 personnes visées ce jour-là dans le département (dont 12 futurs “45000”). Le jour même, il est interpellé et conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé au début du mois dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.