Marcelle Bureau naît le 7 avril 1923 à Étaules, en Charente-Maritime. Ses parents sont ostréiculteurs et elle grandit au rythme du travail des parcs à huîtres. Après sa scolarité, elle les rejoint dans l’exploitation familiale. Cette jeune femme de dix-neuf ans appartient à un milieu rural et maritime bientôt engagé dans les premières formes locales de résistance.
Son père participe au groupe Germain. Par l’intermédiaire d’Hélène Bolleau, Marcelle rejoint à son tour le Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France. Elle aide à faire circuler des informations et des documents clandestins. Son engagement prend place dans une organisation encore fragile, où une adresse ou une indication insuffisamment codée peut mettre tout un groupe en danger.
Le 6 août 1942, la police arrête Marcelle après avoir saisi sur un jeune résistant des papiers trop facilement déchiffrables. Elle est d’abord emprisonnée à La Rochelle. À la fin d’octobre, elle est transférée à Angoulême avec d’autres femmes arrêtées dans la région. La répression réunit ainsi des Charentaises destinées à être conduites vers la région parisienne.
Le 18 novembre 1942, Marcelle arrive au fort de Romainville avec Emma et Hélène Bolleau. Elle y reçoit le matricule 1224. Le 23 janvier 1943, elle rejoint le camp de Royallieu à Compiègne, puis monte le lendemain dans le convoi des 230 femmes déportées vers Auschwitz. Les wagons féminins atteignent le camp le 26 janvier au soir.
À Birkenau, Marcelle est enregistrée sous le matricule 31808, tatoué sur son avant-bras gauche. Elle a tout juste vingt ans. Comme ses compagnes, elle subit la quarantaine, le froid, la faim, l’entassement et les kommandos. Aucun portrait authentifié ne figure dans la notice qui lui est consacrée ; l’image présente sur cette fiche indique donc explicitement cette absence.
Marcelle contracte le typhus, qui ravage alors le camp des femmes. Après plusieurs jours de délire violent, elle meurt à Birkenau le 13 avril 1943. Cette date est portée sur l’acte établi par l’administration SS. Moins de neuf mois séparent son arrestation de sa mort, et seulement quelques jours son vingtième anniversaire.
Son jeune fiancé, arrêté en même temps qu’elle, survit à Sachsenhausen puis à Leipzig dans des circonstances extrêmes. La biographie de Marcelle demeure plus lacunaire que celles de nombreuses compagnes. Elle fait pourtant apparaître un parcours net : une jeune ostréicultrice choisit d’aider la Résistance, est prise dans le démantèlement du groupe et disparaît à Auschwitz.
