Marguerite Margot VALLINA

Matricule 31732
survivant
Portrait documenté de Marguerite Margot VALLINA
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Convoi 31000

Marguerite Maurin naît le 14 janvier 1906 à Moings (Charente-Maritime [1] – 17). Ses parents sont boulangers à Jarnac-Champagne, où Margot va à l’école communale jusqu’au certificat d’études, puis à Javrezac. Elle a une sœur et deux frères.

En 1927, à Cognac (Charente – 16), elle épouse Lucien Vallina, né le 4 mars 1906 à Bolivar en Espagne, venu en France à l’âge de quinze ans. À force de volonté et de sacrifices, après avoir travaillé comme bûcheron, celui-ci – passionné de mécanique – a acquis le métier plus qualifié de chauffeur poids-lourd.

Margot et Lucien ont trois enfants : Jean, né le 10 juillet 1926 à Cognac, Lucienne née en 1928 et Serge, né en 1934. Au moment de leur arrestation, les Vallina habitent rue des Bouthiers à Cognac.

En 1934, après l’avènement de la République en Espagne, Lucien y amène sa famille.

Deux ans plus tard, quand le général Franco déclenche la guerre civile, Lucien Vallina s’engage dans l’armée de la République où il devient aviateur. Quand l’avancée franquiste réduit les territoires républicains, Margot rentre en France avec ses enfants, tandis que son mari continue la guerre jusqu’au bout. Après son retour à Cognac, Margot recueille chez elle des réfugiés espagnols avec qui elle partage le peu qu’elle a, étant femme de ménage. Après les ultimes combats mené par l’armée du Frente Popular , Lucien Vallina fait partie des nombreux soldats républicains qui sont arrêtés à leur passage à la frontière : il est enfermé au camp français de Gurs (Pyrénées-Atlantiques). Multipliant les démarches, Margot réussit à l’en faire sortir.

En 1939, la famille Vallina habite une maison dont l’entrée principale est rue de Boutiers mais qui comporte une deuxième sortie rue de Cherves. La Charente toute proche peut également devenir une issue. La maison est accueillante aux clandestins, chaleureuse pour les couples obligés de se séparer.

Dès le début de l’occupation, Lucien Vallina est du premier groupe de combat, auquel succèderont les Francs-tireurs et partisans (FTP). Il encadre surtout des antifascistes Espagnols.

De son côté, Margot héberge des combattants, transmet les consignes chez Pateau à Saint-André-de-Cognac, chez Guillon, à la ferme de Saint-Sévère, recherche des cachettes pour les armes dans les fermes des Charentes, des abris pour les saboteurs, et c’est ainsi qu’elle envoie des hommes loger à la ferme de son amie d’enfance, Alice Cailbault, fait la liaison avec Annette Épaud à La Rochelle et Paulette Brillouet à Angoulême.

Annette Épaud connaît bien elle-même les Vallina et, en juillet 1942, une sœur de Margot habitant Cognac Saint-Jacques accueille en vacances son fils Claude.

En mai 1942, Margot et Lucien Vallina hébergent Ferdinand Vincent pendant une dizaine de jours. Ce militant communiste vient de plonger dans la clandestinité parce qu’on lui a annoncé qu’il était directement menacé. Les cadres clandestins qui le recrutent lui confient aussitôt des responsabilités au sein de la résistance armée communiste. Les deux hommes se trouvent peut-être des affinités comme anciens combattants d’Espagne. Dans cette période où Vincent est hébergé chez les Vallina, René Michel, responsable interrégional politique de l’organisation clandestine, conduit celui-ci chez Marc Blateau, à Matha, pour aller réceptionner en soirée un parachutage d’armes qui n’a finalement pas lieu. Une autre fois, avec Albert Dupeyron, il s’agit de cambrioler un ferme ; opération qui échoue encore. Fin juin, chargé de réorganiser les FTP du secteur de Jonzac, Ferdinand Vincent (alias Georges) entre en contact avec Roger Peltan, membre du réseau Kléber et chef des groupes FTP de la région, duquel il obtient les coordonnées de certains militants.

Début juillet, Vincent, Michel et Dupeyron effectuent un sabotage de voie ferrée près de Saintes. Le 5 juillet, un déraillement de train a lieu à Taillebourg, 13 km au nord de Saintes (17), et, dans la nuit du 9 au 10 juillet, un autre à Port Hublé, entre Saintes et Chaniers.

À la mi-juillet 1942, vers 6 heures du matin, Ferdinand Vincent arrive chez les Vallina. Il est en fuite après un échange de coups de feu qui lui a permis d’échapper à un piège tendu par le commissaire Poinsot et la Gestapo devant la gare de Jonzac le soir du 8 juillet. Chez les Vallina, il trouve Yves Tasset, responsable militaire de la résistance communiste en Charente, qui s’y cache déjà. Tous deux décident de changer d’endroit et se rendent à la Rochelle. Ferdinand Vincent va se réfugier chez Annette Épaud tandis qu’Yves Tasset monte à Paris.