Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943,;selon les trois vues anthropométriques de la police allemande. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Marguerite Germaine Bauché naît le 3 octobre 1894 à Hennebont, dans le Morbihan. Son père, Pierre-Marie Bauché, est quartier-maître mécanicien de la Marine ; sa mère se nomme Marie-Françoise Le Bayon. Après un premier mariage en 1918, elle épouse Louis Éloi Chavaroc à Lorient le 4 septembre 1923. Le couple s’établit finalement à Quimper.
Issus de milieux modestes, les Chavaroc développent une affaire prospère d’électricité automobile. Dès avril 1941, Louis participe activement au réseau de renseignement Johnny, chargé notamment de recueillir des informations sur les navires de guerre allemands stationnés à Brest. Grâce à un laissez-passer, il transporte des émetteurs. Marguerite le seconde en recevant au bureau les courriers provenant des sources du réseau.
Le 14 février 1942, l’Abwehr d’Angers arrête le couple à Quimper, au cours de la répression qui finit par anéantir le réseau. Marguerite passe successivement par la prison de Rennes, la Santé à Paris puis Fresnes. Elle reste seule en cellule et au secret. Le 10 novembre 1942, elle est internée au fort de Romainville sous le numéro 1192.
Les 22 et 23 janvier 1943, elle est transférée au camp de Royallieu à Compiègne avec les femmes destinées au convoi. Le 24 janvier, elles sont enfermées dans quatre wagons à bestiaux. Après la séparation du train à Halle, les femmes arrivent à Auschwitz le 26 janvier au soir et sont conduites le lendemain au camp de Birkenau.
Marguerite reçoit le matricule 31796, immédiatement tatoué sur son avant-bras gauche. Le 3 février, elle est amenée à Auschwitz-I avec la plupart des « 31000 » pour les photographies anthropométriques. Le froid, la faim, les appels et les conditions sanitaires du Block 26 affaiblissent rapidement les détenues soumises aux Kommandos et aux épidémies.
Atteinte de dysenterie, Marguerite entre au Revier de Birkenau et y meurt dans le courant de mars 1943. Le ministère des Prisonniers fixe plus tard son décès au 12 mars, à partir du témoignage d’une rescapée, attribution que la notice conserve avec prudence. Louis, déporté à Sachsenhausen par le même train, survit à sa captivité.
Marguerite Chavaroc demeure la collaboratrice directe de son mari au sein d’un réseau de renseignement allié. Elle reçoit et transmet des courriers essentiels avant d’endurer près d’un an de prisons et de camps. Derrière le matricule 31796, les trois vues prises à Auschwitz conservent le visage d’une résistante bretonne morte loin de Quimper.