Maria ALONSO

Dite « Josée »
Matricule 31778
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Maria ALONSO
Maria “Josée” Alonso,. Collection d’Yves Bitterolf, neveu par alliance de Jo Alfonso, frère de Maria.
Maria Ramona Alonso naît le 20 août 1910 à Santa-Fé de Mondujar, en Andalousie. Ses parents s’installent à Paris lorsqu’elle a quatre ans. Couturière à dix-huit ans, elle épouse Camille Meunier en 1929 et acquiert la nationalité française. Divorcée en 1936 et mère de deux enfants, elle obtient ensuite son diplôme d’infirmière. Sous l’Occupation, Maria travaille à l’hôpital Tenon, dans le 20e arrondissement de Paris. Elle soigne clandestinement des combattants qui ne peuvent consulter sans danger et assiste une médecin de l’hôpital Saint-Louis lors de petites interventions. Mise en relation avec un groupe de postiers résistants, elle prend le pseudonyme de « Josée » et met à leur disposition un duplicateur. La police française l’arrête une première fois le 20 octobre 1941. La perquisition ne fournit aucune preuve et elle est relâchée après vingt-quatre heures. Une seconde arrestation survient le 6 février 1942 dans l’affaire du groupe clandestin des PTT. Acquittée le 22 juin, elle est néanmoins ramenée en prison dès sa sortie du tribunal. Le 1er août 1942, Maria est transférée au fort de Romainville, où elle reçoit le matricule 541. Ses compagnes la désignent comme cheffe de camp en raison de son autorité. Le 23 janvier 1943, elle rejoint Royallieu à Compiègne. Le lendemain, elle fait partie des 230 femmes déportées dans les derniers wagons d’un convoi d’otages. Arrivée à Auschwitz le 26 janvier, elle entre à Birkenau le lendemain et reçoit le matricule 31778. Le numéro est tatoué sur son avant-bras. Le 3 février, elle est conduite à Auschwitz-I pour les photographies anthropométriques d’immatriculation. La faim, le froid, les violences et l’absence d’eau potable affaiblissent très vite les nouvelles détenues. Des rescapées situent sa mort au Revier les 14 ou 15 février 1943, après des coups et une double pneumonie. L’administration SS établit toutefois un acte de décès au 27 février. Cette divergence demeure dans les sources. Infirmière de troisième classe, Maria figure parmi les agents de l’hôpital Tenon morts en déportation. Maria Alonso est homologuée sergent de la Résistance intérieure française, bien qu’elle soit longtemps classée administrativement parmi les déportées politiques. Derrière le matricule 31778 demeure « Josée », infirmière, mère et agente clandestine, qui met ses compétences de soin et son domicile au service de personnes traquées avant de mourir à Birkenau.