Marie, Mathilde, Larcade naît le 15 août 1906 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques – 64), fille de Joseph Larcade et d’Hélène Mimiague, son épouse. Maï a deux frères : André, né en 1901, et Robert, né après elle. Le père de famille est un grand maître queux. En 1907, il est cuisinier en chef à l’ambassade de France à Saint-Petersbourg, où il vit avec son épouse (qui occupe un emploi de lingère), André et Maï. Revenu à Biarritz, station balnéaire prestigieuse, il devient chef cuisinier de l’Hôtel du Palais, ancienne résidence de l’impératrice Eugénie.
La famille va à la messe tous les dimanches, à l’église Sainte-Eugénie. Le curé est un ami et le directeur de conscience de Maï. Celle-ci est élevée dans un couvent.
Néanmoins, Maï devient une jeune fille malicieuse et débordante de vie : elle ne manque aucune fête, fréquente la plage de Biarritz. Elle dessine, peint, lit beaucoup, est passionnée de théâtre, confectionnant des costumes, mettant en scène et interprétant les auteurs classiques avec ses amies.
En 1922, à 16 ans, elle achève brillamment ses études secondaires. Le 21 octobre de la même année, elle obtient un diplôme de sténo-dactylo à l’école Pigier de Bayonne. Le 27 juillet 1923, elle obtient un diplôme de correspondance commerciale et, le 28 novembre suivant, un diplôme d’études commerciales. Ensuite, elle persuade ses parents de la laisser monter à Paris pour faire des études de sage-femme. Inscrite à la faculté de médecine, elle suit des cours à la Pitié et obtient son diplôme le 5 novembre 1929.
Ses parents lui donnent alors toutes leurs économies afin d’acheter une clinique située passage des Rondonneaux (aujourd’hui disparu) à la hauteur du 235, rue des Pyrénées, à Paris 20e. Ses deux frères, André et Robert, ne lui tiendront pas rigueur de se voir ainsi dépossédés de leur part d’héritage.
Cette même année, au retour d’un séjour à Biarritz chez ses parents, dans le compartiment du train qui la ramène à Paris, elle est abordée par Georges Politzer. Le “coup de foudre“ est immédiat et réciproque.
Georges Politzer
Georges (György) Politzer est né le 3 mai 1903 à Nagyvárad, en Hongrie (devenue Oradea-Mare en Roumanie), dans une famille juive assimilée, fils d’un médecin du travail, fonctionnaire d’État de l’empire austro-hongrois et alors directeur d’un sanatorium. Indigné de la façon dont son père maltraite les paysans et ouvriers qui viennent le consulter en appliquant brutalement les consignes des autorités, Georges voit naître en lui une détermination à combattre l’injustice.
Il poursuit des études secondaires au lycée central de Szeged en même temps que s’engage, puis se prolonge, la première guerre mondiale. À 16 ans, il est président du conseil des élèves du lycée, qu’il entraîne avec fougue dans des actions revendicatives.
En janvier 1919, au début de l’insurrection révolutionnaire, Georges Politzer adhère au parti communiste hongrois qui vient de se créer. La direction du lycée décide de son renvoi en tant qu’élève de la classe de seconde. Il devient alors commissaire politique d’une milice révolutionnaire qui s’initie au maniement des armes, car la République des Conseils de Hongrie est attaquée à ses frontières par les armées roumaine, tchèque et française. Avec son groupe de jeunes étudiants, Georges Politzer reçoit le baptême du feu lors de la bataille du pont de Szolnok, sur le fleuve Tisza. C’est la déroute.
L’archiduc Joseph confie à l’amiral Miklos Horty le commandement en chef de l’armée nationaliste et légitimiste qui est engagée dans la répression antirévolutionnaire. En août, les combats s’achèvent.
À la fin du mois, Georges rejoint son père à Lörinci, où celui-ci est médecin de canton pour la médecine du travail. Puis il intègre le lycée public de Rakospalota, dans la banlieue nord de Budapest, pour y suivre la classe de première. Lui qui parle déjà l’allemand et l’anglais, en plus de sa langue natale, décide d’apprendre le français, car son projet est de s’inscrire à la faculté de Paris. Il suit la classe de philosophie (terminale) dans le lycée Imre-Madách de Budapest, obtenant son baccalauréat en juin 1921.