Marie-Thérèse PUYOOÜ

Matricule 31720
survivant
Portrait documenté de Marie-Thérèse PUYOOÜ
Crédit non indiqué par la source
Convoi 31000

Marie-Thérèse Soureil naît le 6 janvier 1897 à Monein (Pyrénées-Atlantiques [1] – 64), où elle va à l’école.

À une date restant à préciser, elle se marie avec Jean, dit Laurent, Puyooü, né le 15 avril 1895 à Bordeaux (Gironde – 33). Ils ont deux filles, nées vers 1926 et 1933.

En 1924, Laurent, ouvrier-tourneur sur métaux, est embauché aux ateliers Dyle, dans le quartier prolétarien de Bacalan. Les communistes sont organisés dans cette entreprise depuis 1920 et le syndicat de la CGT unitaire y est très actif. Laurent qui, jusque-là, s’était passionné pour la gymnastique, y consacrant tous ses loisirs jusqu’à atteindre un niveau honorable dans les compétitions, est plongé dans la lutte des classes. En 1927, il donne son adhésion au Parti communiste et milite à la cellule du quartier de Bacalan dont il devient le secrétaire.

En 1928, il trouve un emploi plus rémunérateur aux Ateliers Mécaniques Bordelais, 75 rue de Kater. Il y devient secrétaire de la section syndicale CGTU. Il participe aux activités de la cellule des Chartrons située près de son domicile, alors rue Barreyre, à Bordeaux, et devient le secrétaire du Comité de défense de L’Humanité (CDH).

Membre de la Commission agitation et coopérative du Comité régional, Laurent participe à la création d’une coopérative de distribution alimentaire au 70, cours Victor-Hugo, dans le quartier du Prêche à Bègles. En 1934, Marie-Thérèse Puyooü succède à la première gérante et la famille vient habiter dans les locaux. Laurent utilise son temps de loisirs du samedi (semaine de 40 heures) pour assurer des livraisons aux domiciles des coopérateurs de Bègles avec sa cinq-chevaux Citroën.

Puis, il est désigné comme Secrétaire général du rayon sud du Parti communiste. Grand animateur, il crée de nouvelles activités, organise des sorties en car le dimanche : les Abatilles, Cadillac, Saint-Émilion, Castillon, des lieux inaccessibles auparavant aux Béglais. Chaque année, deux cars se rendent à Feugarolles où se tient la grande fête du Parti communiste du Lot-et-Garonne. Dans les ’ »goguettes » à Bègles, on chante, on danse, on s’amuse et Laurent Puyooü ne se fait pas prier pour sauter une table à pieds joints ou faire des claquettes.

Il anime aussi le groupe de la SNCASO de Bacalan avec Labrousse et Delrieu (fusillés le 24-10-1941). En octobre 1939, quand les organisations proches du parti communiste sont dissoutes et interdites, la coopérative de distribution alimentaire du cours Victor-Hugo est mise sous scellés. La famille Puyooü doit déménager et trouve un logement au 5, rue du Prêche à Bègles.

Sous l’occupation, Laurent Puyooü reste actif dans la clandestinité.

Le 22 novembre 1940, Laurent et Marie-Thérèse Puyooü sont interpellés par la police française dans une vague de perquisitions et d’arrestations de communistes lancée par le préfet en accord avec les autorités d’occupation : 148 personnes sont rassemblées au Foyer (ou Hôtel) des Émigrants, au 24 quai de Bacalan sur la Garonne, un immeuble utilisé avant-guerre pour l’hébergement des émigrés en instance de départ vers les colonies et dès lors transformé en Centre de séjour surveillé. Les suspects y sont interrogés – sans violence – par le commissaire spécial Poinsot et son équipe. En mars 1941, la plupart des internés sont transférés au camp français de Mérignac (à vérifier…).

Dans son rapport, l’inspecteur de police Lespinasse décrit le “trésor” sur lequel il vient de mettre la main au cours de sa perquisition chez les Puyooü : « deux statuettes du buste de Lénine, une photographie du même homme, douze numéros du journal “L’URSS en construction”, diverses chansons et refrains du Parti communiste, quinze photographies représentant des défilés ou des meetings, trois “Almanachs ouvriers et paysans” ». Ces preuves à conviction et objets séditieux sont placés sous scellés.

Le commissaire spécial transmet au préfet ses observations concernant Laurent Puyooü : « Des déclarations reçues et des renseignements recueillis, il ressort que l’intéressé a bien appartenu au Parti communiste dans lequel il a eu une activité agissante ». « Vieux militant du Parti, il a été membre du Comité régional et était assidu aux réunions ».

Laurent est transféré au camp de Mérignac. Marie-Thérèse Puyooü est relâchée quelques jours après et mise en résidence surveillée (?). Après la fermeture de la coopérative, elle est employée de commerce.