Marius BARBIER

Matricule 45197
decede
Photographie de Marius BARBIER
Photographie à vérifier
Convoi 45000

Edmond, Marius , Barbier naît le 20 décembre 1900 à Verzenay (Marne), au domicile de ses parents, Eugène Barbier, 37 ans, vigneron, et Eugénie Bouvin, son épouse, 36 ans, vigneronne, demeurant rue du Paradis.

En novembre 1932 et jusqu’au moment de son arrestation, Marius Barbier est domicilié au 92-94, avenue des Rosiers à Saint-Ouen [1] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93). Déclaré comme manœuvre, il est alors au chômage.

Le 11 novembre de cette année, dans l’après-midi, alors qu’il écrit à la craie « À bas la guerre » sur les murs de la Faculté de Lettres, il est appréhendé par des gardiens de la paix et conduit au poste de police de la rue de la Huchette ; affaire qui n’a probablement pas de suite…

Militant communiste, responsable du Comité de Défense de L’Humanité local, il vend le journal sur la voie publique.

Le 2 mars 1936, Marius Barbier, alors commis de mairie (depuis environ trois ans), dépose au Parquet du Tribunal de 1ère instance de la Seine une déclaration de gérance de La Vie Nouvelle , mensuel ronéotypé à l’adresse de son domicile. Selon le rapport de police demandé par le procureur, il est alors marié.

Vers novembre 1938, il quitte le Parti communiste « pour raison de santé », ce qui lui vaut la désapprobation, voire la suspicion de ses camarades. Il n’entretient plus aucune relation avec eux et n’a plus d’activité politique. À l’hôpital franco-musulman de Bobigny, il est soigné pour des rhumatismes polyarticulaires d’origine indéterminée (en 1937 – en Espagne ? -, il a fait une grave crise de sciatique du côté droit).

Fin août 1940, il est démobilisé et reprend son emploi de commis aux écritures à la mairie de Bobigny (93).

Sous l’occupation, la police française le considère comme un « Meneur communiste très actif, ancien combattant dans les Brigades internationales en Espagne, élément dangereux ».

Fin octobre, il est convoqué par le commissaire de police de la circonscription de Saint-Ouen qui lui signifie que si les propagandistes communistes ne sont pas arrêtés, il pourrait très bien l’être à leur place, comme ancien militant.

À la mi-décembre, des inspecteurs de la police judiciaire se présentent à son domicile pour l’arrêter, mais il est déjà parti à son travail.

Le 3 janvier 1941 – date qui est probablement celle de son arrestation – le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret du 18 novembre 1939 (le 25 janvier, il en informera le préfet de la Seine).

Dès le 6 janvier, trois jours plus tard, Marius Barbier écrit une longue lettre au Procureur de la République (qui n’a pas décidé son arrestation) expliquant son abandon de toute activité politique depuis novembre 1938 : « … encore tout dernièrement, en octobre, j’ai dû arrêter mon travail pour une douleur aigüe à l’épaule droite […] je n’étais pas assez sot pour ne pas faire passer ma santé avant même la politique […] il vous sera possible de vérifier mes dires soit à la mairie de Bobigny, dans mon entourage. Et vous verrez chez moi, si vous voulez faire une enquête, des haltères d’entrainement et un appareil à massage électrique, la culture physique étant ce qui me réussit le mieux. C’est tout un matériel d’un certain prix que je n’ai pas acheté, croyez bien, pour me constituer un alibi. […] N’est-il pas possible de rapporter une sanction qui, pour le moins, est injuste à tous les égards … »