Marius THIROUARD

Matricule 46142
decede
Photographie de Marius THIROUARD
Marius Thirouard avant-guerre © Adrien Thirouard — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/12/thirouard-marius-gaston/
Convoi 45000

Marius, Gaston, Eugène, Thirouard naît le 23 août 1905 à La Croix-du-Perche (Eure-et-Loir – 28), fils de Gaston Thirouard, 29 ans, aide de culture sur l’exploitation de son père, et de Julienne Phillipe, 23 ans, son épouse, domiciliés à la ferme du château au lieu-dit le Cormier, sur la commune de Frazé (28). L’enfant naît chez ses grands-parents, domiciliés au lieu-dit Les Écoles. En 1911, il vit avec sa mère chez son grand-père. Le 17 juillet 1915, sa mère se remarie avec Victor Louis Désiré Leduc, 46 ans, journalier. En 1926, la mère de famille vit seule avec Marius, alors âgé de 21 ans et couvreur « chez Doucet », et ses deux autres enfants : Désiré Leduc, né en 1915, et Marine Leduc, née en 1918, tous deux à la Croix-du-Perche.

Le 22 juin 1929, à Frétigny (28), Marius Thirouard se marie avec Olga Berthe Béjon, née le 13 octobre 1910 au hameau de La Perrière dans cette commune. Ils auront plusieurs enfants, dont peut-être Madeleine, née en 1930.

En 1939, et jusqu’au moment de son arrestation, Marius Thirouard est domicilié à Jallans, commune limitrophe de Châteaudun (28) ; son adresse reste à préciser..

Marius Thirouard est charpentier de profession, mais déclaré comme terrassier après son arrestation.

Il est connu comme étant sympathisant communiste. Sous l’occupation, la police locale le soupçonne de placarder des tracts en même temps que deux militants de Châteaudun.

Le 25 septembre 1941, en réponse à un courrier du ministère de l’Intérieur du gouvernement de collaboration datée du 24 juin « demandant quelles mesures avaient été prises dans le département contre les communistes français et étrangers par les autorités d’occupation », le commissaire spécial de Chartres transmet au préfet d’Eure-et-Loir « la liste complète des communistes arrêtés par les autorités allemandes » à cette date – soit trente-trois hommes – sur laquelle est inscrit Marius Thirouard. Le 27 octobre, le préfet d’Eure-et-Loir précise au préfet délégué du ministère de l’Intérieur dans les territoires occupés que les six hommes inculpés dans l’affaire Berton sont les seules personnes de son département arrêtés par la police française pour activité communiste. Dans un brouillon de cette lettre, la mention que « les éléments suspects au point de vue politique ou national ont été arrêtés préventivement par les soins des autorités d’occupation » est biffée.

Au cours de l’été, Marius Thirouard a donc été arrêté par la police allemande puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marius Thirouard est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46142 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.