Marthe MEYNARD

Née Brioullet, également orthographié Brillouet
Matricule 31675
🟢 Résistante survivante, décédée en 1977
Portrait documenté de Marthe MEYNARD
Crédit non indiqué par la source
Marthe Louise Brioullet naît le 29 mars 1912 à Angoulême. Son père, Raoul Émile Brioullet, est boulanger ; sa mère, Suzanne Roux, meurt en 1917. Marthe quitte l’école à treize ans pour travailler à la papeterie Lacroix. Le 3 avril 1934, elle épouse Gaëtan Meynard, ouvrier de la même entreprise. Le couple habite rue Fontchaudière et a un enfant. Gaëtan milite au Parti communiste. Le foyer accueille aussi Paulette, demi-sœur de Marthe, engagée dans les organisations de jeunesse communistes. Le 9 décembre 1941, la police trouve chez les Meynard Antoine Émorine, cadre chargé de la propagande clandestine. Gaëtan et Marthe sont arrêtés avec lui. Faute d’élément direct contre elle, Marthe est relâchée après trois jours. Elle coupe alors ses contacts, mais une opération policière permet de reprendre la piste familiale. Le 2 mars 1942, Marthe et Paulette sont arrêtées par les brigades spéciales de Bordeaux et de Poitiers. Transférées à Paris, elles passent par les Renseignements généraux, le dépôt de la préfecture puis, le 23 mars, la prison de la Santé, où elles restent au secret. Le 24 août 1942, les deux sœurs arrivent au fort de Romainville. Malade, Paulette échappe au convoi de janvier 1943, avant d’être déportée plus tard à Ravensbrück. Marthe, elle, est conduite à Compiègne puis part le 24 janvier avec les 230 femmes. À Birkenau, elle est enregistrée sous le matricule 31675 et photographiée à Auschwitz-I le 3 février. Marthe survit aux premiers mois meurtriers du camp. Après la quarantaine protectrice accordée à une partie des rescapées, elle rejoint un Kommando de couture. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück, où elle retrouve Paulette. Le 2 mars 1945, elle part avec ses compagnes pour Mauthausen. Son mari, déporté à Gusen II, meurt tout près d’elle le 16 avril, sans qu’elle le sache. Marthe rentre à Angoulême en mai 1945. Sa sœur, libérée par la Croix-Rouge et transportée en Suède, succombe le 19 juin. La maison familiale porte ensuite une plaque à la mémoire de Paulette et de Gaëtan. Marthe doit ainsi reconstruire sa vie après avoir survécu aux camps et perdu deux de ses proches dans les dernières semaines de la guerre. Elle meurt le 28 mai 1977. Derrière le matricule 31675 demeure une ouvrière papetière prise dans la répression de la résistance communiste, arrêtée deux fois puis déportée durant plus de deux ans. Sa photographie d’Auschwitz et son retour à Angoulême témoignent à la fois de la violence subie et d’une survie durablement endeuillée.