Maurice BERTOUILLE

Matricule 45233
decede
Photo non trouvée pour Maurice BERTOUILLE
Image de remplacement. Photographie de Maurice BERTOUILLE non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Maurice, Auguste, Henri, Bertouille naît le 10 mai 1905 à Alençon (Orne – 61), fils de Félix Bertouille et d’Ernestine Boulay, son épouse. Il a une sœur, Andrée.

Le 5 novembre 1938 à Colombes, Maurice Bertouille se marie avec Suzanne Tison, née le 1er octobre 1892 à Alençon, surveillante (à la Maison départementale de Nanterre), veuve d’un premier mariage. Lui-même est alors monteur sur presse (régleur), domicilié au 382, rue de Nanterre (aujourd’hui rue d’Estienne-d’Orves) à Colombes [1] (Hauts-de-Seine – 92), qui est encore son adresse au moment de son arrestation. Le couple n’aura pas d’enfant.

Suite à la déclaration de guerre, Maurice Bertouille est employé comme affecté spécial à la Société d’études et de fabrication de moteurs (SEFM), 169 boulevard du Havre à Colombes et/ou aux établissement Amiot, au 151 du même boulevard, comme régleur sur presse. Après son arrestation, il est déclaré comme riveur.

La police le connaît comme militant communiste entre 1936 et 1939.

Une fiche établie par les Renseignements généraux le désigne comme toujours actif au début de l’occupation, participant à l’activité communiste clandestine, se livrant à la propagande orale etvdistribuant des tracts. Un autre document de police ajoute qu’il a « collaboré très activement à la formation du Comité populaire » « dès le début de l’occupation ».

À l’aube du 5 octobre 1940, Maurice Bertouille est appréhendé à son domicile par la police française lors de la grande vague d’arrestations ciblées organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT) ; action menée avec l’accord de l’occupant (« en application du décret du 18 novembre 1939 »). Ils sont regroupés en différents lieux ; pour Maurice Bertouille, ce sera le stade Roland Garros. 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise /vVal-d’Oise), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan, le pavillon qui fut transformé en camp d’internement. Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.

Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en décembre 1940, on compte 524 présents, 600 en janvier 1941, et jusqu’à 667 au début de juin.

Maurice Bertouille effectue le travail de chef d’équipe auquel il a été affecté à l’intérieur du camp.

Le 11 février 1941, il signe une requête adressée au chef de camp pour demander sa libération, précisant qu’il ne connaît pas les motifs de son internement.

Le 24 février, escorté d’un gardien de la paix, Maurice Bertouille est conduit en train à l’hôpital de Nanterre pour y rendre visite à son épouse, victime d’une attaque de paralysie. Le 9 mai suivant, celle-ci adresse une requête au préfet de Seine-et-Oise, à laquelle est joint un certificat médical (contenus inconnus…).