Maurice, Jacques, Cartron naît le 20 mars 1921 à Paris (75), fils de Marcel Cartron et d’Antoinette Soulier (ou Soulié), 19 ans (laquelle décède prématurément).
Pendant un temps (1926-1931), Maurice Cartron habite chez ses grands-parents maternels, Antoine Soulier et Marie, née Brunie, alors cultivateurs (métayers) au lieu-dit Lachal à Bilhac (ou Billac), en Corrèze.
À partir d’octobre 1935 (il a 14 ans) et jusqu’à son arrestation, Maurice Cartron est domicilié chez sa tante, Madame Delpech, concierge de l’immeuble abritant l’École d’odontologie de Paris au 5, rue Garancière à Paris 6e, faisant face à la rue Palatine. Peut-être est-il venu y vivre afin de poursuivre ses études, car il devient mécanicien-dentiste. Il est célibataire.
À partir de l’été 1938, alors âgé de 17 ans, il travaille chez un chirurgien-dentiste dont le cabinet est situé au 130, rue du Faubourg-Saint-Honoré (Paris 8e).
Le camp vu depuis le mirador central. Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“camp communiste”) Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. © Cliché M.V.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Maurice Cartron est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le matricule 45337, numéro correspondant à l’ordre alphabétique dans la liste du convoi reconstituée par Claudine Cardon-Hamet. Après les premières procédures (tonte, désinfection, uniforme, photo), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (le génocide des Juifs européens), ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20.
Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire qui parachève leur enregistrement, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos .