Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Maurice, Adrien, Raux naît le 13 mars 1897 à Lisieux (Calvados – 14), fils de Charles Désiré Raux, 36 ans, journalier, « absent », et de Berthe Lecointre, 34 ans, son épouse, journalière, domiciliés au 5, rue Couture-du-Milieu.
Maurice Raux commence à travailler comme journalier.
Le 10 janvier 1916, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 24e régiment d’infanterie. Le 2 février suivant, la commission de réforme de Bernay le classe dans le service auxiliaire « pour léger raccourcissement de la jambe gauche avec atrophie ». Néanmoins, le 11 mai suivant, une commission spéciale le classe au « service armé ». Du 16 juin au 15 juillet, Maurice Raux est admis à l’hôpital militaire de Louviers pour maladie, puis de nouveau du 28 juillet au 27 août pour bronchite, suivi d’un mois de congé de convalescence. Le 11 novembre, il passe au 9e bataillon du 24e R.I. (« aux armées », en zone de combat). Le 15 décembre, la commission spéciale d’Amiens le propose pour un changement d’arme (artillerie montée). Le 2 janvier 1917, Maurice Raux passe au dépôt du 43e régiment d’artillerie de campagne. Il part « aux armées » le 10 février. Le 8 novembre suivant, il passe au dépôt du 219e régiment d’artillerie. Une semaine plus, tard, son unité part en Italie. Il rentre en France le 1er mars 1918. Le 25 juillet suivant, il passe au 48e régiment d’artillerie de campagne (« aux armées »). Le 30 août, il passe au 224e R.A.C. Le 9 mai 1919, il passe au dépôt du 4e R.A.C. Le 9 août 1919, la commission de réforme de Besançon le classe au service auxiliaire « pour atrophie de la jambe gauche consécutive à une paralysie infantile ». Le 24 septembre, Maurice Raux est envoyé en congé illimité de démobilisation, titulaire d’un certificat de bonne conduite, et se retire au 25, rue Saint-Dominique à Louviers.
Le 11 octobre 1919, à Percy-en-Auge, « par Mézidon » (14), Maurice Raux se marie avec Félicité, Augustine , Berthe, Lemière, née le 23 mai 1896 à Vassy. Ils n’ont pas d’enfant.
En octobre 1927, l’armée classe Maurice Raux “affecté spécial” aux Chemins de fer de l’État comme cantonnier à Mézidon.
En 1926, puis en 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Maurice Raux est domicilié dans la Grande Rue de Percy-en-Auge. Cette année-là (1936), son épouse et lui semblent avoir deux pensionnaires : un ouvrier agricole de 47 ans et une fillette de 10 ans…
Maurice Raux est alors garde(-barrière ?) à Mesnil-Auger, dans l’arrondissement de la voie de Caen.
C’est un militant communiste.
Le 4 mai 1942, il est arrêté par la police allemande comme otage communiste à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1] ; lors d’une deuxième vague d’arrestations. Incarcéré à la prison de Caen, il est transféré quelques jours plus tard (probablement le 9 mai) au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Maurice Raux est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
