Moïse LANOUE

Matricule 45728
decede
Portrait de Moïse LANOUE
Moïse Lanoue, © Raymond Lanoue. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Moïse, Lucien, Alexis, Lanoue naît le 28 novembre 1911 à Vierzon-Forges (Cher) [1], fils de Jules Augustin Lanoue, dit Battoir, 29 ans, journalier, et de Marie Alice Laubier, 29 ans, son épouse. Moïse a un frère plus âgé, Raymond Henri Jean, né le 7 septembre 1907 à Vierzon-Villages.

Mobilisé à la 5e compagnie du 10e bataillon de chasseurs à pied le 3 août 1914, leur père est tué à l’ennemi le 6 juin 1915, lors de la première offensive d’Artois, devant (Aix-)Noulette (Pas-de-Calais), lors d’une tentative de progression dans le Bois Carré, au cours de laquelle 70 hommes sont tués ou disparaissent.

En 1921, la famille est domiciliée quai du Bassin, toujours à Vierzon-Forges. La mère, devenue chef de famille, travaille comme journalière à la Pointerie, usine voisine. Elle héberge sa propre mère, Solange Laubier, 62 ans. Raymond, 13 ans et demi, travaille déjà comme employé de bureau. En 1926, ils habitent rue Étienne-Dolet, quai de l’Étang. Marie-Alice est journalière à la Pointerie, Raymond est devenu ciseleur et Moïse travaille comme commis épicier.

Vierzon-Forges. La Pointerie. Carte postale des années 1910.

En 1936, Moïse Lanoue vit désormais seul avec sa mère. Elle est devenue empaqueteuse à la Pointerie. Lui est simple journalier.

C’est un militant communiste.

Le 1er mai 1942, Moïse Lanoue est arrêté ; probablement à la suite d’une manifestation au cours de laquelle Marcel Charrier a pris la parole (trente autres personnes sont interpellées dont Maurice Trouvé). Moïse Lanoue est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.