Olga GODEFROY

Née Camus
Matricule 31766
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Olga GODEFROY
Crédit non indiqué par la source
Olga Camus naît le 5 avril 1910 à Neuves-Maisons, en Meurthe-et-Moselle. Elle épouse Louis Godefroy et devient la belle-sœur d’Aimée Doridat, surnommée Manette. Sa vie se déroule auprès des siens dans cette ville ouvrière où plusieurs membres de la famille Godefroy s’engagent dans la Résistance. Le 7 août 1942, les gendarmes de Neuves-Maisons arrêtent cinq frères Godefroy alors qu’ils travaillent à l’usine, puis leurs épouses à leur domicile. Prévenue à temps, Manette envoie un télégramme à son frère Louis, qui se trouve à Chaville. Lorsqu’Olga reçoit le message, elle prend immédiatement le train pour Neuves-Maisons. Elle veut comprendre ce qui arrive à sa famille et se présente elle-même aux autorités. Elle est alors arrêtée. Olga reste emprisonnée à la prison Charles-III de Nancy avec son mari Louis et sa belle-sœur Manette. Le 30 octobre 1942, tous trois sont transférés en train au fort de Romainville. Olga est ensuite déportée à Auschwitz, où elle reçoit le matricule 31766. La faim, le froid, l’épuisement et la dysenterie détruisent rapidement ses forces. Le 25 février 1943, trop malade pour travailler, Olga parvient à se cacher dans un block. Découverte, elle est envoyée dans une équipe de démolition. Une surveillante la frappe si violemment avec un bâton que sa colonne vertébrale est brisée. Le soir, ses compagnes la ramènent pliée en deux, la tête presque contre les genoux. Malgré son état, elle réussit encore à avancer, soutenue par les autres. En arrivant au quartier des malades, elle s’effondre et meurt sous les yeux de sa belle-sœur Manette. Olga Godefroy meurt à Auschwitz le 26 février 1943, à l’âge de 32 ans. Trois mois plus tard, sa famille reçoit un avis officiel affirmant qu’elle est morte d’une infection rénale. Cette version administrative ne correspond pas aux circonstances rapportées par les témoins. Olga était une épouse, une belle-sœur et une femme qui avait pris un train pour retrouver les siens, sans imaginer qu’en cherchant simplement à comprendre leur sort, elle allait être arrêtée à son tour. Elle mourut loin de son mari et de sa famille, mais dans ses derniers instants, Manette était là, impuissante, pour voir s’éteindre celle qu’elle aimait. Il ne resta aux siens qu’un avis mensonger et le souvenir d’une femme partie par amour pour sa famille, qui ne rentra jamais.