Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Paul Charton naît le 6 octobre 1912 au domicile de son grand-père maternel à Saint-Amour (Jura), d’Émile Charton, 35 ans, employé à la gare de Dommartin (Saône et Loire) et de Marie-Louise Bourgeois, 27 ans, sans profession. La famille réside à Dommartin.
Le 20 juin 1936, à Dijon (Côte-d’Or – 21), Paul Charton épouse Jeanne Villeret. Ils ont deux enfants, nés le 13 novembre 1937 et le 29 avril 1939.
Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 30, rue des Pétignys à Chenove, commune limitrophe au sud de Djion.
Le 11 janvier 1937, Paul Charton entre dans une compagnie de chemin de fer qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1] ; aide-ouvrier aux ateliers de wagons du dépôt de Dijon-Perrigny, sur le réseau Sud-Est.
Membre du Parti communiste, il est « adjoint » (au maire ? à préciser…). Pendant un temps, il est président de l’Union Sportive Ouvrière Dijonnaise.
Sous l’occupation, il est actif dans le groupe de résistance des cheminots de Dijon.
Le 25 juin 1941, le préfet de Côte d’Or envoie un courrier au commissaire divisionnaire de police mobile signalant trois « militants communistes qu’il serait souhaitable de voir internés », parmi lesquels figure « CHARTON en congé de captivité au titre de la SNCF ».
Dans sa réponse au commissaire divisionnaire, chef de la 11e Brigade régionale de Police Judiciaire, datée de juillet 1941 (le 1er juillet ?), le commissaire de Police Judiciaire Marsac précise que Paul Charton « a pris l’initiative, en accord avec les autorités locales, de réunir quelques jeunes gens et jeunes filles au Clos-Blazet et à Chenove, pour, soi-disant, leur donner des leçons de gymnastique » et qu’ « en réalité , les réunions ont pour but de faire de la propagande communiste » [2]. Il note par ailleurs que Paul Charton « se rend coupable d’une activité communiste camouflée des plus intenses » et il le soupçonne de fabriquer des tracts. Dans sa conclusion il écrit que « CHARTON, n’est, paraît-il, pas inscrit à l’ex-parti communiste, mais en tant que fervent et dangereux sympathisant de la politique d’extrême gauche, il est souhaitable qu’une mesure d’internement soit prise contre lui ». En face du paragraphe précisant son identité, son âge, sa situation de famille et professionnelle, on peut lire l’annotation « copie pour Police allemande ».
Le 2 juillet 1941, il est arrêté à Chenove par les autorités allemandes, le même jour que Roger Kinsbourg(46287), résidant lui aussi à Chenove.
Son nom figure sur une liste – établie par la police française en juillet 1941 – de 23 « communistes arrêtés au 22 juin par les autorités des troupes d’ occupation » (opération “ Theoderich » [3]). Cette liste précise en N.B. que Paul Charton et Roger Kinsbourg n’ont été « incarcérés que le 2 juillet 1941 ».
Paul Charton est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il s’y trouve le 31 décembre 1941.
