En 1938 (extrait de la photo ci-dessous).
Pierre Bernard en famille en 1938. De gauche à droite : Elise Ferrieu, sa nièce, Madeleine et Pierre Bernard derrière leur fils Jean, et Jean Ferrieu, père de son épouse. © Laurence Ménard.
À partir de la fin septembre 1929 et jusqu’au moment de son arrestation, Pierre Bernard et son épouse sont locataires d’un logement au 63, rue de la Croix-Nivert à Paris 15e, au débouché de la rue Gramme.
Pierre Bernard devient chaudronnier traceur (ouvrier métallurgiste).
Le 25 janvier 1930, il entre à l’usine Alsthom, au 25, rue des Bateliers à Saint-Ouen (Seine / Seine-Saint-Denis). Il est syndiqué à partir de 1934, délégué suppléant dans son entreprise de 1936 à 1940.
De 1936 à juillet 1939, il est simple adhérent du Parti communiste, membre de la cellule d’entreprise.
Après la mobilisation de l’été 1939, du 2e bureau de recrutement de la Seine, il rejoint le centre mobilisateur n° 5 à Orléans pour être affecté au 226e régiment d’artillerie lourde. Fin novembre, il est classé dans l’affectation spéciale en qualité de chaudronnier dans son entreprise, travaillant pour la Défense nationale.
Au retour de l’exode, Pierre Bernard est inscrit au fonds de chômage du 1er au 22 juillet.
À l’automne, sous la direction de Désiré Le Lay, responsable du secteur Paris-Nord, plusieurs militants de Saint-Ouen et Saint-Denis se réunissent clandestinement afin de former des comités d’ouvriers de la Métallurgie dans les usines du secteur : des tracts sont distribués et des carnets de cotisation au nom du comité sont répartis entre les participants.
Pierre Bernard recueille les cotisations hebdomadaires au sein de son entreprise, l’usine Alsthom, qu’il remet semble-t-il à Louise Marange, 50 ans, ouvrière-cisailleuse domiciliée à Saint-Ouen.
Le 4 décembre, cinq militants du groupe – Désiré Le Lay, René Poirot, René Lecerf, Eugène Noël, Georges Descamps et Gaston Leprince – sont appréhendés au domicile de ce dernier, au 2 rue Ardouin à Saint-Ouen, où ils se rendent pour une réunion clandestine, par les services du commissariat de police de la circonscription de Saint-Ouen. René Poirot, ancien secrétaire de la Fédération des Métaux de la région parisienne, ayant sur lui de faux papiers, est également trouvé porteur d’une documentation concernant l’ensemble des usines de Paris et l’organisation dans ces usines. Au cours des interrogatoires, quatre autres militants et militantes sont mis en cause.
Le 5 décembre, Pierre Bernard est arrêté par les services du commissariat de Saint-Ouen. Son épouse déclarera ultérieurement que c’est « sur une fausse dénonciation » [sic], « alors qu’il faisait une quête pour des camarades prisonniers ».