Pierre DEMERLÉ

Matricule 45452
decede
Photographie de Pierre DEMERLÉ
Pierre Demerlé © DR Gilles Demmerlé, — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/10/demerle-pierre-auguste/
Convoi 45000

Pierre, Auguste, Demerlé naît le 21 juin 1894 à Chaumont (Haute-Marne – 52) chez ses parents, Charles Demerlé, 29 ans, tourneur sur métaux, et Marie Louise Foulhioux, 20 ans, son épouse, alors domiciliés au 16, boulevard Barotte. La famille s’installe ensuite à Saint-Dizier (52) ; pendant un temps dans la petite rue du Canal, dans le quartier de la Noue – où naissent Jules Antoine, le 25 février 1898, et Roger, le 3 décembre 1899 -, puis (avant début mai 1901) rue François 1er, dans le même quartier – où naissent Marguerite Julie, le 30 septembre 1901, et Antoinette, le 10 mars 1903.

Plus tard, leur père emmène la famille en région parisienne. En 1910, ils habitent au 25 rue des Bas-Rogers, à Suresnes [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92). En 1911, Charles Demerlé est tourneur dans l’usine d’automobiles Charron Limited à Puteaux.

Tout en habitant chez ses parents, Pierre Demerlé commence à travailler comme tourneur sur métaux (comme son père), ou régleur.

Le 25 septembre 1914, Pierre Demerlé est incorporé comme canonnier de 2e classe au 5e régiment d’infanterie à pied. Pendant un temps, il passe au 4e régiment d’artillerie lourde lourde mobile « à tracteurs ». Le 14 juillet 1915, il est détaché du corps (dans l’affectation spéciale ?) au titre de l’entreprise Charron Limited à Puteaux, rejoignant ce poste deux semaines plus tard. Le 27 novembre suivant, il est remis à la disposition de son corps et rejoint le dépôt du 4e R.A.L. Début janvier 1916, il part dans l’Armée française d’Orient avec son unité. Le 12 mai 1917, il est cité à l’ordre de son régiment : « Est allé spontanément sous un bombardement violent secourir un de ses camarades blessé et aider à le transporter à l’abri des obus. » Pour cette action, il reçoit la Croix de Guerre. Du 27 septembre au 26 décembre suivant, Il est à l’arrière du front, probablement en permission. Entre temps, le 4 décembre 1917, il est passé à une batterie du 83e R.A.L., toujours dans l’Armée d’Orient. Le 13 novembre, il passe au 3e groupe du 288e R.A.L. Le 6 septembre 1918, il est nommé maître-pointeur. Le 9 septembre 1919, il est démobilisé, titulaire d’un certificat de bonne conduite, et se retire au 135, rue de Verdun [2], à Suresnes, chez sa mère, veuve depuis le 17 août ; Charles Demerlé était décédé à leur domicile, âgé de 54 ans, et Pierre – qui était présent – a déclaré son décès à l’état civil de la mairie de Suresnes.

Démobilisé le 15 avril 1921, son frère Roger habitera avec leur mère jusqu’à la mi-mai 1931.

Le 9 octobre 1920, à Garches (Seine-et-Oise / Hauts-de-Seine), Pierre Demerlé se marie avec Marie Noémie Céline Hébrard, née le 23 juillet 1889 à Issarlès (Ardèche).

En avril 1922, le couple habite à Labbeville (Seine-et-Oise / Val-d’Oise). En décembre 1923, ils s’installent au village de Frouville, commune voisine. En 1926, Pierre est tourneur chez Dubrulle. En 1929, ils se séparent, sans avoir eu d’enfant.

À partir du 15 mai 1930, Pierre Demerlé travaille comme ouvrier-régleur à l’usine Hispano-Suiza, du 148, boulevard de Verdun à Courbevoie (92).

En juin 1931, il est domicilié au 7 rue Ledru-Rollin, à Suresnes ; sa mère habite encore – seule – au 135, rue de Verdun. En mars 1933, Pierre était revenu vivre avec elle. Mais elle décède le 28 juin suivant à l’hôpital Saint-Louis (Paris 10e). En 1936, Pierre Demerlé habite au 135, rue de Verdun avec son « amie » Amélia Métivier, née en 1903 (Charente), et les deux fils de celle-ci, Jean Métivier, né le 3 septembre 1928, et Pierre Vrillaud, né le 8 janvier 1931, tous deux à Paris 8e (probablement dans une clinique ou un hôpital ; Beaujon ?).

En mai 1932, l’armée place Pierre Demerlé sans affectation, tout en le classant dans l’“affectation spéciale” à l’usine Hispano-Suiza, rue Guynemer à Bois-Colombes (92).

Plus tard, et jusqu’au moment de son arrestation, il est domicilié au 11, rue du Vieux-Pont à Courbevoie [1], chez Eugénie Pierronne, née le 24 janvier 1894 à Vendin-le-Viel (Pas-de-Calais), divorcée depuis 1931, avec laquelle il vit maritalement, vérificatrice aux usines Hispano-Suiza depuis le 12 octobre 1928.

Après la mobilisation de septembre 1939, Pierre Demerlé est rappelé à l’activité militaire comme “affecté spécial” à l’usine Hispano-Suiza de Bois-Colombes. À la fin de l’année, ses opinions politiques étant connues par l’encadrement, il fait l’objet de trois avertissement pour « manque d’activité » et « malfaçon ». Le 10 juin 1940, il perd son emploi quand l’usine est évacuée lors de l’Exode ; Eugénie Pierronne subit la même situation deux jours plus tard.