Pierre JEUSSET

Matricule 45686
decede
Photographie de Pierre JEUSSET
Pierre Jeusset © Laurence Douroux, agrandissement P. Cardon — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/08/jeusset-pierre-jean-ange/
Convoi 45000

Pierre, Jean, Ange, Jeusset naît le 19 juillet 1919 à Brest (Finistère – 29), fils d’Ange Jeusset, 28 ans, coiffeur, et de Marie Abjean, son épouse, 30 ans. Pierre a un frère, Albert, né le 19 septembre 1917.

Leur père a été rappelé à l’activité militaire au 19e régiment d’infanterie par le décret de mobilisation du 1er août 1919. Le 29 septembre 1915, il a été blessé au ventre et évacué. Le 18 avril 1916, la commission de réforme de Brest l’a classé service auxiliaire pour « cicatrice de l’abdomen, abcès foie (blessure de guerre) ». Le 25 septembre, la même commission l’a déclaré inapte définitif à servir aux armées. Le 5 avril 1919, il a été mis en congé illimité de démobilisation et s’est retiré au 57, rue Louis-Pasteur à Brest. Il souffre également d’un emphysème pulmonaire.

Le 7 octobre 1923, Alfred et Pierre Jeusset sont adoptés par la Nation suivant un jugement du tribunal civil de 1ère instance de la Seine.

Le 16 mai 1926, leur père, alors domicilié au 48, boulevard Jourdan, décède Porte d’Aubervilliers (?) à Paris 19e, sa veuve touchera une pension à effet rétroactif par arrêté en date du 13 décembre 1926.

Sympathisant communiste, Pierre Jeusset s’engage à 17 ans dans les Brigades internationales pendant la guerre civile Espagnole pour défendre la République contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini. Il est en Espagne de septembre 1936 à mai 1937.Au moment de son arrestation, Pierre Jeusset habite chez sa mère dans un appartement au 108, rue de Bagneux, à Montrouge [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92) ; voie qui – sous l’occupation – est renommée avenue du Maréchal Pétain.

Manœuvre, manutentionnaire, il travaille à la gare Montparnasse, à Paris (sans appartenir au personnel de la SNCF).

Le 24 décembre 1941, peu après 6 heures du matin, Pierre Jeusset est arrêté à son domicile par le commissaire de la circonscription de Montrouge accompagné deux inspecteurs, sur arrêté du préfet de police pris « en application du décret du 18 novembre 1939 ». Le jour même, dans le cadre d’une vague d’arrestations organisée par la police française contre 33 anciens membres des brigades internationales, il est interné administrativement au camp de la caserne des Tourelles, boulevard Mortier à Paris 20e.

La caserne des Tourelles, vers la Porte des Lilas, entre l’avenue Gambetta, à gauche, et le boulevard Mortier. Carte postale d’après guerre.

Le 5 mai 1942, Pierre Jeusset fait partie des 24 internés des Tourelles, dont beaucoup d’anciens Brigadistes, que viennent « prendre des gendarmes allemands » afin de les escorter à la gare de l’Est où ils rejoignent d’autres détenus avant d’être conduits en train au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Il y est enregistré sous le matricule n° 5287.

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “ camp des communistes ”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Pierre Jeusset est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises.