Raoul, Gabriel, Bonnamy naît le 4 août 1907 à Palaiseau [1] (Seine-et-Oise / Essonne – 91), fils de Charles Bonnamy, 23 ans, et d’Augustine Marin, 22 ans, son épouse. Raoul a deux frères plus jeunes : Georges, né en 1910, et René, né en 1912, tous deux à Palaiseau. En 1911, la famille habite rue Gambetta dans cette commune.
Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du1er août 1914, classé “service armé” par la commission de réforme de Versailles le 1er novembre suivant, le père de famille rejoint le 4e régiment d’infanterie le 2 décembre. Le 10 mars 1915, il est « aux armées”. Le 13 juillet suivant, à la cote 263, en Argonne, il est porté disparu : il a été fait prisonnier de guerre et conduit dans un Mannschaftslager à Schneidemülh (Prusse occidentale, aujourd’hui Piła, en Pologne). Le 22 janvier 1919, il est rapatrié d’Allemagne. Le 24 mars suivant, il est renvoyé dans ses foyers.
Au printemps 1921, la famille habite rue de Paris, toujours à Palaiseau ; Raoul est alors groom au ministère de Finances. Au printemps 1926, la famille habite rue de l’Abbé-Lambert ; Raoul est devenu maçon, et son père est chauffeur de chaudière à l’usine à gaz.
Veuf ou divorcé, Raoul Bonnamy est père d’un enfant (à vérifier…). Le 29 novembre 1930 à Palaiseau, il épouse Marguerite, Joséphine, Chameroy, née le 21 février 1899 dans cette commune, elle-même divorcée d’un premier mariage contracté en 1921, infirmière à l’hôpital d’Antony (Assistance publique).
Au printemps 1931, les Bonnamy habitent rue de l’Abbé-Lambert. Charles, le père, est probablement décédé. Roger, le frère de Raoul s’est marié et a eu une fille.
Au printemps 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Raoul Bonnamy est domicilié avec son épouse au 39, route (ou rue) de Corbeil à Palaiseau.Entre avril 1937 et août 1939, il est garçon de salle d’hôpital. Agent temporaire, il n’effectue « que des remplacements dans divers hôpitaux, totalisant vingt-deux mois de service », en dernier lieu à l’hôpital Necker, à Paris 15e.
La police française le désigne comme un « militant communiste très actif, […] gérant du journal communiste de Palaiseau, “Le Drapeau Rouge”, dont il [est] aussi le rédacteur, l’imprimeur et le distributeur … ». Il est également désigné comme secrétaire de la cellule de Palaiseau.
Dès le 26 août 1939, Raoul Bonnamy est mobilisé comme sergent au dépôt d’infanterie n° 74 à Chaumont (Haute-Marne). Il est ensuite affecté comme sergent-instructeur à un peloton préparatoire d’élèves officiers de réserve (EOR) à Humes, près de Langres (52). Une note de la police français mentionne pourtant qu’un procès verbal lui est dressé le 3 octobre 1939 pour distribution de tracts communistes (?). Le 12 décembre, il est désigné comme cadre-instructeur au centre d’instruction divisionnaire n° 13 en Alsace. Le 1er février 1940, il occupe les fonctions de sergent-chef auprès d’un peloton d’élèves caporaux et d’élèves sous-officiers.
Le 24 mai, son unité part combattre dans la Somme et il est versé au 21e régiment d’infanterie et affecté à la G.A.B. 3 (?).
Le 28 mai à Laferrière (Somme), il légèrement blessé par une balle de mitraillette à la jambe gauche, refusant d’être évacué. Lors de la débâcle, il protège la retraite avec un petit groupe de combattants jusqu’au 15 juin à Longpont près de Monthléry (Essonne), où il est de nouveau blessé par un éclat de grenade allemande dans le genou gauche. D’abord évacué sur un hôpital de Châteauroux (Indre), il est opéré dans un établissement de Montpellier (Hérault – 34) le 27 juin. Il est envoyé en convalescence à l’hôpital héliomarin de Sète (34) du 5 juillet au 11 août. Il est démobilisé à Albi (Tarn) le 13 août.
Raoul Bonnamy revient chez lui le 22 août. Marchant difficilement, il soigne sa jambe pendant plus d’un mois.
Interrogé par le commissaire de circonscription de Palaiseau après que les organisations communistes aient été interdites (date à vérifier : était-ce au cours d’une permission ou après sa démobilisation ?), « il [se refuse] à indiquer où [sont] cachés la ronéo et la machine à écrire du Parti », ce qui en évite la saisie.