René CARON

Matricule 45334
decede
Portrait de René CARON
Photo dans le « Patriote Résistant » n° 196, février 1956. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

René, Armand, Caron naît le 10 avril 1914 à Alfortville [1] (Seine / Val-de-Marne – 94), chez ses parents, James Caron, 34 ans, boucher, et Hélène Dremière, 25 ans son épouse, domiciliés au 11 rue Voltaire. Lors la déclaration du nouveau-né à l’état civil, son père a pour témoins deux autres commerçants : un coiffeur et un marchand de vin. René a un frère aîné, Raymond Isaïe Alfred, né le 13 février 1909.

Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, James Caron, sergent de réserve, est affecté au 346e régiment d’infanterie de Toul Melun deux semaines plus tard. Le 11 mai 1915, il est nommé adjudant. Mais, le 12 juin suivant, il est « tué à l’ennemi » au Bois-le-Prêtre (Meurthe-et-Moselle). Il est déclaré mort pour la France, et les frères Caron sont adoptés par la Nation par jugements du tribunal civil de la Seine, rendus le 28 mars 1918 pour Raymond et le 8 octobre 1919 pour René.

René Caron devient employé de commerce (?).

Au moment du conseil de révision, il habite au 167 rue Véron à Alfortville.

Le 9 septembre 1932, à Alfortville, René Caron – âgé de 18 ans – se marie avec Jeanne Malite. Ils ont deux enfants.

Le 23 avril 1935, appelé à accomplir son service militaire, René Caron est affecté au 46e régiment d’infanterie. Le 23 octobre 1936, il est « renvoyé dans ses foyers », le “certificat de bonne conduite” lui étant refusé.

L’armée le rappelle comme réserviste pour une période d’exercices du 23 juillet au 6 août 1939.

Le 5 septembre suivant, il est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale et rejoint le 246e régiment d’infanterie. Dix jours plus tard, il est « aux armées ». Le 16 mars 1940, il est nommé caporal. Le 1er août 1940, il est démobilisé par le centre démobilisateur de Toulouse.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 123, rue de Villeneuve (baptisée, ou redevenue, rue Paul Vaillant-Couturier à la Libération) à Alfortville.

Le 29 décembre 1940, il est arrêté par la police française comme « responsable d’un centre de propagande communiste et clandestin » à Alfortville, en même temps que Martial Georget, Lucien Tourte et Félix Vinet. Vingt-deux personnes prises dans la même affaire sont inculpées d’infraction au décret-loi du 26-09-1939 (au cours de l’instruction, il y aura disjonction de l’affaire et Félix Vinet sera jugé séparément avec une autre personne). René Caron est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 29 avril 1941, il est parmi les vingt co-inculpés qui comparaissent devant la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine. Condamné à 18 mois d’emprisonnement, René Caron se pourvoit en appel auprès du procureur de la République, comme d’autres condamnés. Il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (94).

Le 25 mars 1942, à expiration de sa peine, René Caron est interné par décision du ministre secrétaire d’État à l’intérieur. Il est conduit au dépôt de la préfecture de police de Paris (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité).